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Dictionnaire Étymologique Occitan
Robert A.Geuljans ©

ou HISTOIRES de MOTS OCCITANS


Toute information complémentaire sur les formes, les sens et les localisations des mots sera accueillie avec joie.

F

Fa note de musique. Voir TLF pour une définition précise. L'étymologie est : Première syllabe du mot latin famuli, au second vers de l'hymne de St Jean Baptiste de Paul Diacre, choisie arbitrairement par Gui d'Arezzo [995-1050] pour désigner la note de musique. Pour plus d'info suivez ce lien.

Le nom ut a été remplacé par do plus tard, parce que le mot ut n'est pas facile à chanter.

Fabard, « imbécile » Clermont l’Hér.,cf. favasso

Fabla,faula > TLF fable

Fabre, faure s.m."forgeron" Site : nom de famille : "En France : 39 592 personnes portent le nom de famille Fabre selon nos estimations. Le Fabre est le 66ème nom le plus porté en France" . Pour les toponymes, voir A.Longnon,Les nom de lieux de la France,p.552 ss. Noms de famille très répandu : (Jeudi 29 mars 1597) Cest présenté le sire Pierre Fabre, fils à autre Pierre. A esté sensuré pour avoir conduict une putain, ou aportée en croupe sur une mule, nommée ladicte putain "La Muscadele". Pour la suite de cette histoire cliquez!
Etymologie : latin faber "forgeron". Le mot fabre, favre a aussi existé dans le Nord, mais depuis le XIII siècle il y est concurrencé par un dérivé de fabricare > forger. Il a pourtant pu se maintenir dans la langue juridique jusqu'à la Révolution, par exemple dans des statuts des fèvres couteliers, des fèvres mareschal, et jusqu'à nos jours dans orfèvre.
Fabre
s'est maintenu en occitan et en franco-provençal. Dans quelques endroits le sens s'est spécifié, comme en Ardèche faure "serrurier". A Toulouse et dans le Tarn-et-Garonne, les faures est la "vipérine commune"(Echium vulgare L. ) parce que posée sur une plaie elle calme la douleur brûlante; autres noms qui confirment : herbe à feu, brûlotte. La plante contient de l'échiine (poison paralysant du système nerveux comme le curare!

  faures

Déjà en latin faber était concurrencé par ferrarius. Ce dernier a donné catalan ferrer, espagnol herrero, portugais ferreiro. Faber vit en italien fabbro.

Fabregar > TLF fabriquer

Fabrego, falabrego, farabrego "micocoule" (provençal, mais aussi à Pézénas) "basilic" (languedocien) voir aufabrego et Voir aussi l'article Micacoulié

Fabricar > TLF fabriquer
Fach > TLF fait
Facia > TLF face
Facil > TLF facile
factura TLF facture

Fadá  « simplet, niais »(Andolfi). Etymologie : dérivé du latin fatuus + aceus adj. et subst. qui avait les deux sens : « sot, niais » mais aussi « fade, sans goût ». (Pour Alibert il y a deux adjectifs : fad féminin fada 'insipide, sans goût' et fat féminin fada 'fou', mais du premier il n'y a que quelques attestations et je pense que ce sont des emprunts au français.)
Le mot ancien occitan fat « sot »(XIIIe s.)a été introduit en français fat adj. et s.m.  « sot, niais » par Rabelais après ses études à Montpellier. En occitan la signification "sot, niais" a été renforcée par le verbe fadá"ensorceler" et ses dérivés enfadá "enchanter", enfadat "féerique, merveilleux" (Alais) qui proviennent du mot latin fata "fée" à l'origine "déesse de la destinée", occitan fado, fada.
Le sens en français moderne "prétentieux, vaniteux" date du XVIIe siècle.  Cf. aussi néerl. fat "personnage satisfait de lui-même". L'argot anglais (appelé "slang") par contre a gardé le sens d'origine de fat "sot, niais" (Webster). Les dérivés anglais fatuity (du latin fatuitas "folie, sottise") et fatuous sont des faux amis pour les Français mais pas pour les Occitans, puisque la notion centrale de ces deux mots est "sot, niais".
Les dérivés sont très répandus en provençal et languedocien, comme fadegear « badiner »(S).  Le sens « fade » par contre est inconnu dans le Midi.
Au XVIe siècle le français a également emprunté le mot fadatz, fadas "niais", pour l'oublier pratiquement et le reprendre au XXe siècle; sous la forme fada il est rentré dans les dictionnaires (TLF). et fadaise "chose insignifiante".
Le caractère créatif des mériodionaux est illustré par la grande quantité de dérivés qui sont crées à partir d'un mot comme celui-ci : fadenc, faduc, fadel, fadaou, fadat, fadourlaud, fadouilho, fadoli, fadade, et j'en passe.

A Bandol il y a "le mur du fada" que Raimu a fait construire:


"Le mur du fada" Photo J.P.Cassely . ....... .....................FFadá ensorcelé ou simplet?
...................................F .....

Fáda s.f. "fée" a la même étymologie que le mot français, latin fata "déesse de la destinée". En ancien occitan a été créé le verbe fadar "douer d'une vertu surnaturelle" ce qui a donné en languedocien fada "ensorceler". Un fadá peut donc être un "ensorcelé" ou un "simplet".

Fag "hêtre" voir fau
Fageda
"hêtraie" voir fau

Fagot > TLF fagot

Faï, s.m., pl.faïsses, « fagot ; faix de branches » cf.français .TLF faix du latin fascis "faisceau, fagot, paquet". Vous pouvez écoutez un dicton de Valleraugue : Pitchot faïs bien liat es mietch pourtant. Au pluriel faisses "fagots" est homonyme de faisses "bandes"!

Faiçon > TLF façon

Faiença > TLF faience

Faisan > TLF faisan

Faisar « envelopper »,cf. faisso ci-dessous.

Faissèla > TLF faiselle

Faïsso, s.f. "bande dont on enveloppe un enfant, maillot; intervalle entre les rangées de ceps, plate-bande de jardinage, sole de terrain, bande de terre soutenue par un mur".(Mistral), et languedocien faisso « lange d’enfant » (S), « bande de terre , terre de forme allongée » = traversier (Andolfi). Pour les nombreux sens et dérivés voir aussi Alibert s.v. fais, où il réunit tous les mots provenants de fascis, de fascia et de fascina. Presque tous les mots donnés par Alibert s.v. fais comme dérivés représentent en réalité le latin fascia. Fascis et fascia étaient en effet assez proches du point de vue de la forme et du sens: fascia désignait une bande de tissus pour envelopper et le résultat était souvent un fascis. Fascina "paquet de verges".


L'ancien occitan faisa et le verbe faisar « envelopper, bander, serrer , Aude  faisa v.a. « enmailloter », représentent le verbe latin fasciare "bander, envelopper de bandes".
Etymologie:
pratiquement toutes les significations qu'on trouve dans les patois modernes existaient déjà en latin : fascia « bande, lien, sangle, etc.». Le mot latin fascia avec le sens « bande de terre » se trouve déjà dans des inscriptions latines en Gaule. Cf. aussi catalan.faxa, espagnol haza, portugais faxa  et ancien occitan faissa, surtout en provençal et en auvergnat. Le sens exact du mot s’adapte bien sûr à la configuration du terrain, p.ex. Aveyron faïsso « carré d’un jardin, petit champ » mais en Camargue " une partie des terres labourables d’une exploitation, affectée à l’une des cultures de l’assolement ou à la pâture, parties généralement séparées par des roubines* ".
Un visiteur originaire du Vaunage m'écrit que pour lui "les faïsses sont les cultures en espalier dans les côtes, vignes, oliviers ...".


faïsso
en Camargue et dans les Cévennes.


Voir pour une étude approfondie et très documentée de ce mot au sens "bande de terre" consulter l'etude de : M
ichel Rouvière," A propos de faysse et escayre : l'indispensable "remise à plat" terminologique , dans www.pierreseche.com/faysse_et_escayre.html / 9 février 2002 "

Faitis, -issa adj. > TLF factice.

Faja s.f., "bois de hêtres, foutelaie; faîne, fruit du hêtre", Voir fau. Français faîne représente *fagina le féminin substantivé de l'adjectif faginus. Voir TLF.

Falabrego, farabrego "micocoule" (provençal, attesté aussi à Pézénas) "basilic" (languedocien) voir aufabrego . Absent de l'Alibert. D'après le dictionnaire Panoccitan qui veut normaliser l'occitan, l'alfabrego serait le "grand basilic" et le falabrego le "micocoulier". Le nom du basilic serait baselic. Etymologie: faba graeca "micocoulier" attesté chez Pline. Le même mot se retrouve dans le Nord de l'Italie. Voir aussi l'article Micacoulié emprunté par l'occitan au grec et prêté au français.

Falbe, faube, -a adj.TLF fauve . L'adjectif falbet, faubet,-a signifie "fauve", mais le sens "infirme, raide déséché", p.ex. camba faubeta est limité à l'Aveyron. Faubel adj. "de couleur fauve", faubeta s.f. "fauvette" appartiennent à la même famille *falwa.

Fouviq, fauvi "sumac" en provençal et dans le Gard, est un autre dérivé du germanique *falwa "de couleur fauve" devenu en latin falvus. Regardez l'image et vous comprendrez pourquoi. Certaines espèces possèdent des propriétés utilisées en médecine et en droguerie pour la couleur (vernis, laques, tanins). Le sumac est un des matériaux tannants les plus nobles et les plus anciens du monde méditerranéen. Il était utilisé par les Egyptiens et les Grecs pendant l’Antiquité pour colorer la laine et plus tard comme extrait tannant.

faubeta fauvi Mistral

Je n'ai pas d'explication pour la forme feugié donné par Mistral pour le Var. Une erreur? par confusion avec la fougère. Cf. feuse. A La Canourgue est attestée une forme foubyeyro "fougère" dérivé de falvus.

Un ami qui est en possession du Pouzolz a bien voulu le copier pour moi:
SUMAC - RHUS
:
Rhus coriara. - Toutes les parties de cet arbrisseau sont astringentes et rafraîchissantes; réduites en poudre, elles servent à préparer le cuir. Il est connu sous le nom patois de nerte de Roudou. (littéralement "myrthe de Rhus"). On le trouve dans les lieux rocailleux et les fentes des rochers, aux bords du Gardon, au Pont du Gard, à la Beaume, à Saint-Nicolas; floraison juin-juillet.
Rhus cotinus. - Le bois, jaune et vert de cet arbrisseau sert pour la teinture et est employé par les luthiers, les ébénistes et les tourneurs. Il est connu sous le nom de fustet.On le trouve dans les bois, aux bors du Gardon, à Saint-Nicolas, Anduze, à Tresque, à Nîmes; floraison mai-juillet.
Fustet est un mot d'origine arabe, comme le français sumac.

Au total j'ai 5 types lexicaux pour le Rhus (Wikipedia) : Fouviq, fauvi; Fustet ; nerte ; Roudou ou rodo; et français sumac

L'étymon falwa se trouve aussi dans d'autres langues : néerlandais vaal "jaunâtre", allemand falb "de couleur fauve", anglais fallow idem, corse falu, portugais fouveiro.

Par association avec le mot faux, l'ancien français fauv a pris le sens de "hypocrite, faux" > "mensonge, bourde" et le verbe fauvoier "tromper". Par la suite on a créé des expressions comme torchier Fauvel, monter en Fauvel, "agir en hypocrite", chevaucher Fauvain "user de tromperie". Les noms Fauvel, Fauvain sont devenus des personifications de l'hypocrisie.

Falguièra, falheira, faugièra etc. « fougère », mais aussi « fougeraie » voir feuse

Fan dans les expressions fan de chichourles (Lhubac = "exclamation d'admiration ou d'étonnement"; Alibert = chichorla "ortolan"; Mathon "juron qui nomme le sexe de la femme" ). Pour chichourle = jujube  = didoulo suivez ce lien.

  
2 chichourles

D'après notre femme de ménage l'expression fan de chichourles est souvent utilisée par les joueurs de carte. Marius Autran de La Seyne écrit que c'est une abréviation du mot "enfant" qui est ensuite introduite dans beaucoup d'exclamations : très fréquemment utilisé dans des formules exclamatives, dans toutes sortes de situations : surprise, admiration, désarroi, etc. : Fan de garce ! Fan de petan ! Fan de chichourle ! Fan des pieds ! Oh ! Fan ! etc.
Dans le site de Georges Mathon, une petite histoire en patois, je trouve O fan de pié .

L'article infans "enfant" dans le FEW montre qu'en effet la forme efan est typique pour l'occitan (à voir chez Ronjat 2,p.211). La forme sans -n- dans la première syllabe est très ancienne et se trouve déjà en latin dans des tablettesdu 6e siècle,(un lien pour en savoir plus) appelées "tabellae defixionum " inscrites avec des malédictions qu'on a trouvées entre autres en Auvergne.

Fandaou « tablier » est dérivé du mot gothique  falda « pli ; ourlet ». Cf. l’allemand  falten, anglais  fold « plier », néerl. vouwen, (autrefois vouden), vouw "pli". Conservé à Lasalle (Gard)   faudo « pli » et Alès  faoudo « poitrine de bœuf » (S)

    

falda 'tablier' + 'jupe' .llllkjCe faoudo est bien plié

En ancien occitan  faudas (f.pl) « pan d’un habit ». Le mot s’est répandu dans le Midi, en Italie et dans la péninsule ibérique : cat. falda « tablier, giron ». A partir du sens « pli d’un tissu, pan d’un habit » s’est développé le sens « jupe ». Au moyen âge  occitan  faudas  désigne aussi « la partie de l’armure qui va de la ceinture aux genoux ». Du sens « jupe » on passe à la partie du corps couverte par celle-ci : « giron ». Languedocien  faoudo, fauda  « giron ». Alès  fa faoudito « s’accroupir » (S).

En languedocien il y a deux dérivés concurrents 1)ale  comme fudaou, fandaou « tablier » . 2)ile  comme en Lozère fudyao. Parfois on fait une distinction  entre tablier pour homme ou femme. Autres dérivés : se refaudi « se blottir, se refugier (sous-entendu dans le giron) » et  refaudi  « refuge ».

Les Wisigoths et plus tard les Ostrogoths ont occupé la Septimanie chère Georges Frêche, de 419 à 711.

           Une leçon de géographie linguistique.

La comparaison de la répartition géographique des mots pour désigner le tablier en France et en Italie, nous montre que l’histoire des mots  reflète l’histoire politique et culturel d’un pays. En France, tous les types dialectaux, comme devancièr, escorcuel, fauda et faudère, etc.ne se trouvent que dans la périférie, en Wallonie, Flandres, Gascogne, Languedoc. Le mot adopté par l’Ile de France a remplacé les mots locaux à partir de Paris en suivant les grandes routes. D'abord le type devantier et ensuite le type tablier.La cartographie du progrès des types devantier et tablier  ressemble beaucoup à celle des lignes de la SNCF et des grandes routes. En Italie par contre il n’y a jamais eu un pouvoir central jusqu'à Garibaldi; là on trouve un mot piémontais, milanais, vénitien, etc. Chaque région a sa propre identité. Une page spéciale y est consacrée.

Fanga « boue ». L'histoire de ce mot est la même que l'histoire du fr. fange.Cf. TLF fange
Des formes comme le gascon hagne, le pérgourdin et le limousin fagno reposent directement sur le gotique *fanja "boue". On les retrouve dans les parlers plus au nord, jusqu'à la Loire. Un. deuxième groupe, comme occitan fanga, fango vient d'un germanique fani- + ga. Le plus répandu en occitan est le dérivé expressif fangas "bourbier". A partir de ce dernier la créativité lexicale de l'occitan ne connaît plus de frein : fangassié "celui qui se plait à marcher dans la boue; râle d'eau", fangassous "bourbeux", s'esfangassar "s'affaisser, s'aplatir comme de la boue" (Barcelonnette), etc.

Fanny, spécialement ses fesses, voir tafanari.

Farandoulo "farandole" est passée dans le TLF! et dans le Dictionnaire de l'Académie depuis 1835. L'étymologie d'après le TLF, qui suit le FEW , est : d'origine incertaine; peut-être altération du provençal barandello, brandello « farandole » dérivé de branda « remuer, branler », de même origine que brandir*, sous l'influence . de dérivés occitans tels que flandina « cajoler », flandrina « lambiner », flandrin « fainéant » (FEW t. 15, 1, p. 252, note 14 et t. 15, 2, p. 136b; v. aussi Coromines.).

Je ne suis pas très convaincu par cette étymologie; d'autant plus que b(a)randello est définie comme une "farandole languedocienne"! Voir aussi mon article brandado.

  
Deux miniatures qui représentent des farandoles ? Le nom farandole n'est pas attesté avant le XVIIIe siècle.

Catalan : farandola "Dansa popular que hom practica actualment encara a Provença, però que també havia estat ballada a Catalunya".

Farda « habits, linge, hardes, robes » représente le mot arabe farda « balle de marchandise » ou plus précisément « la moitié de la charge d’une bête de somme ».

una mummia del Perù ancora avvolta nel fardo; circa XII sec

esp., pg. fardo « paquet de marchandises »,

Italien fardo, cat. farda « ensemble de choses inutiles » et « paquet de nourriture pour un voyage d’une journée », comme à Pézenas fardo  « besace dans laquelle les journaliers portent leurs provisions de bouche » Dans le Tarn fardel « paquet  de tripes »  et en Rouergue a la fardoulho « en désordre, à la hâte » (M). 
D’après von Wartburg le mot ancien occitan fardel « paquet », comme fr. fardeau, ont été empruntés à l’italien ou directement à l’arabe comme terme technique de commerce. Ensuite on a créé une ‘racine’  *farda  avec les mêmes sens.

 Le mot arabe farda signifie aussi « étoffe, habits », car, quand on voyage le ballot  ne contient souvent que des habits. De là languedocien fardo « vêtements, hardes », Alès fardos « trousseau de la nouvelle mariée » (S), et des dérivés comme lang. fardetos « layette d’enfant », fardá « habiller, équiper, ajuster » Aveyron fardasses « chiffons ». La répartition géographique du  type farde « étoffe » est limité au gascon et languedocien.

Petite excursion : Au XVIe s. les soldats gascons ont introduit le mot farda dans le français de Paris  avec leur prononciation à eux : h- au lieu de f- : hardes et il s’est répandu de la capitale vers les provinces du nord principalement. Le sens péjoratif  du mot  hardes qui au XVIe s. signifiait «  bagage, vêtements, linge et coffre d’une personne »,  n’est attesté que depuis 1771. Le dictionnaire de l’Académie de 1762 parle encore de « belles hardes » ! De nos jours c'est un terme historique comme dans "les hardes et uniformes de matelots". Voir TLF.
Les mots farde, fardeau et le verbe farder en français, ont la même origine voir le TLF

Fardel “paquet de tripes”cf. farda ci-dessus.

Farder v.r., fr.rég. se farder “s’habiller mal“ (Lhubac), dér. de farda

Fardetos « layette d’enfant » cf. farda 

Fardos « linge » cf. farda

Fargasse s.m. « homme négligé ». Dérivé de farda avec –g- sous l’influence de quel autre mot ? carguer ?

Farigoulo, « thym »,cf. frigoulo

Fartalio (fartaille en  fr.rég.) « menues herbes potagères »(déjà S ; Job). « vieilleries »(Andolfi).

Du latin fartalia (dérivé de fartum le part. passé du verbe farcire) attesté au VIe s. chez le médecin Anthimus, avec le sens « farce, hachis ». Le mot, ainsi que les dérivés fartaiaire « marchand de jardinage »(Mistral) et fartaiá v.a.« cueillir et parer les herbages d’un potager, les préparer pour la vente », semblent être typiquement nîmois. Pourtant dans le dictionnaire de 8 langues de Junius, Hadrianus (1511-1575): Nomenclator octilinguis j'ai trouvé :

Fatche de = …?Contactez-moi! si vous avez une idée du sens " Fatche Autre exclamation dérivée du provençal fàcho, fàci, face (cf. it. faccia), qui entre dans la composition de nombreux jurons marquant la surprise ou l'admiration, tels que fatche de con !" écrit Marius Autran

Fataire “chiffonnier”


Gargalhau, crida deforo:
"Pelharot, ferre vielh,
Pel de lebre, pel de lapin"

Rouquier
2, p.10

 

vient du gotique et burgond fatt-. Il existe encore en néerlandais: vod «  chiffon » et en allemand Fetze"chiffon" et le verbe fetzen "déchirer en chiffons" qui d'après le Dictionnaire des frères Grimm viennent d'un ancien fat. Le mot burgond se retrouve en franco-provençal fato "sac, pochette", en suisse-allemand et en alsacien fëtze. Espagnol hato "vêtements", et portugais fato , basque atu "bagages, meubles" apprtiennent à la même famille..
Fataire  et sa racine fato « chiffon, guenille ; linge à panser une plaie » (S) se trouve surtout dans une zone qui comprend le Gard, l’Ardèche et le Velay. A Manduel 'lavette' a été traduite avec fata (ALLOr-1090). Le languedocien est particulièrement riche en dérivés : fatá v.a. « envelopper d’un linge ; étouper une futaille qui fuit » (S), fatéto « petit chiffon, pécule d’une femme » ; Nîmes esfata « défricher » ; esfataire « celui qui déchire ; défriche » Valleraugue defata v.a. « effacer ».
(Je suis le FEW qui maintient l'étymologie proposé par Brüch (Z 38,1917,p634), contre Corominas (2.888)qui propose une origine arabe.)

Voir aussi fatras.

Fatéto « petit chiffon » cf. fataire

Fato, fata s.f. « chiffon », en français régional une fate "un bout de chiffon" (Manduel), cf.fataire. La fato cremado est de la mèche pour faire du feu avec le fusil. La mèche tient lieu d'amadou et prend feu plus aisément d'après l'abbé de Sauvages.

Fatras « haillon » (S). Probablement un dérivé de fato, voir fataire. A cause de l’attestation tardive du mot français fatras  au XIVe siècle seulement et du mot provençal et languedocien au XVIIIe , von Wartburg pense que l'occitan l' a emprunté au français. Vu le fort développement du mot et des  dérivés de fato, en occitan, je pense qu’il s’agit plutôt d’un dérivé de celui-ci. Les mots expressifs en –as  sont très nombreux en occitan  et l’insertion du –r- s’explique par l’influence de mots comme  pataras « sale ».Une autre explication du -r- est qu’on a pris des mots comme fatrassou « petite guenille ; petit marmouset »  provenant d’un *fatelassou comme des dérivés de fatras. Oc. fatras  a  ensuite été prêté au français.
Afatrassir
1. v.tr."rendre mou, lâche" 2.
v.r. "s'avachir" (Mathon ; Alibert ) composé de ad + fatras 'rendre comme un haillon'.

Alibert donne faterassa "chiffon; molène ". Connaissez-vous la molène? Cliquez! La description "Ses feuilles sont épaisses et ovales, mais surtout laineuses au toucher" explique le nom. En Angleterre on en faisait des mèches de bougies et la plante s'appelle "candlewick plant"ou "flannel plant". Voir fato cremado ci-dessus s.v. fato.


faterassa

Fau "hêtre", fag en Gascon. D'après le Thesoc, on trouve les types suivants en Occitanie pour désigner le hêtre: fag, fajàs, faja (Aveyron seulement), fau, fayard, fayau, feinard, hêtre. Les types fag et fau sont les plus répandus, fag en Gascogne, fau en languedocien. Il s'agit d'une différence d'évolution phonétique. L'étymologie pour les deux est latin fagus "hêtre". Les représentants de fagus sont très fréquents dans tout le domaine galloroman comme toponyme. Voir à ce propos Pégorier. et pour le Gard Germer-Durand . Fayard est considéré comme français par le Thesoc, mais pour le TLF fayard est régional: (notamment dans le Massif Central, le Lyonnais, la Savoie).
Fagus est concurrencé par l'adjectif dérivé fageus, -a qui donne faja, fajo "1.faîne; 2. hêtre" en occitan, , fajo "forêt de hêtres" en occitan. Voir Thesoc.s.v. faine.
Le masculin fageus > hay "hêtre" en béarnais.

L'évolution phonétique de fagus en français > fou a créé un problème, même si un fou ne peut pas être (un) fou < follis " « soufflet pour le feu; outre gonflée; ballon; bourse de cuir » qui a pris à basse époque en emploi comme adjectif le sens de « idiot, sot » (TLF). Il a été reùmplacé par hêtre. Je cite le TLF avec quelques changements typographoiques : 1301 hestre (doc. ds Gay). De l'ancien bas franque *haistr (cf. néerl. heester « arbuste »), dérivé , à l'aide du suffixe -tr, servant à former les noms d'arbres (cf. apholtra), du radical de *haisi « buisson, fourré » qui est entré en gallo-roman sous trois formes différentes (v. hazier). *Haistr est devenu roman plus tard que haisi et haisia (v. hazier), de sorte que ai y était devenu e. Il a éliminé l'ancien français fou (v. fayard, fouet) désignant les grands arbres, tandis que hêtre était le nom donné aux jeunes troncs qu'on coupait régulièrement et qui repoussaient généralement sur les souches. Cette distinction s'est perdue par la suite et hêtre, remplaçant fou, a fini par désigner l'arbre adulte (b).

Dérivé : Fageda "hêtraie", fagede dans le Compoix de Valleraugue.

fau  faja
fau
              et                      faja

Faouviq, fauvi "sumac" voir falbe
Faube,-a et dérivés voir falbe

Favalise «faible d’esprit »(Job) est dérivé de favo « fève » du latin faba "fève".   Cette association ne se trouve qu'à Clermont-l’Her. fabarot « imbécile » et Nîmes faviolet « naïf » (Job), feve (Andolfi). Pourtant Mr. Bean n'a pas l'air d'un grand intellectuel...Voir favasso.

Favaròu « fève sèche de haricot ».cf faviou

Favasso, s.m. « grosse fève » (Job). Dans les dictionnaires on ne trouve dans le languedocien que le sens « fanes de fèves ». Le sens « grosse fève" est attesté dans la région de Montélimar. Dérivé du latin faba « fève ». Au figuré « qqn de lourd, pas dégourdi » (Andolfi). faviol, faviolas "étourdi, imbécile" Cévennes et Montpellier dans Alibert s.v. fava et .favar adj. "bavard".Conservé également à Clermont l’Hér.  fabard « imbécile ». Cf. aussi faviolet
Dans l’antiquité, la faba était la nourriture des Romains "d’en bas" et des porcs. De là le sens péjoratif en latin. Voir aussi baraquet "haricot blanc".

Pourtant , la fève, de couleur noire ou blanche servait à élire les rois pendant les Saturnales, fête du solstice d'hiver. Wikipedia : "Les Saturnales (en latin Saturnalia,ium,) étaient, durant l’antiquité romaine, des fêtes accompagnées de grandes réjouissances, célébrées en l'honneur du dieu Saturne, pendant lesquelles les esclaves jouissaient d'une apparente liberté et où tout était permis. D’abord du 17 au 21 décembre, puis plus tard du 17 au 24 décembre, cette fête de la liberté inversait l’ordre des choses et pendant un temps, les esclaves devenaient les maîtres et inversement. On suspendait des figurines au seuil des maisons et aux chapelles des carrefours. On servait du cochon de lait dans des banquets qui donnaient lieu à de véritables ripailles."

Cette coutume s'est perpétrée à travers les âges. Les ripailles sont devenues des Galettes de roi et les Fèves des figurines. Les enfants deviennent ( ou restent?) des Rois. Ce renversement de l'ordre établi a lieu aussi pendant le Carnaval, en tout cas au Limbourg (Pays Bas), en Wallonie (Belgique) quand le maire donne la clé de la ville et avec elle le pouvoir au Prince Carnaval, et en Béarn où Saint Pançard devient le patron.

       

. .

Il est intéressant de noter que le mot néerlandais boon "fève" a également des connotations "d'une chose sans valeur" par exemple dans l'expression voor spek en bonen littéralement "pour du lard et des fèves" en français "compter pour du beurre" ou même de confusion d'esprit dans "in de bonen zijn" littéralement "être dans les fèves " en français "n'y rien comprendre; avoir perdu le fil" signification qui se rapproche de "l'imbécile" languedocien. L'anglais bean peut signifier "objet sans valeur" , comme l'allemand Bohn. Une phrase full of beans est du nonsens.
Un sujet à approfondir.

Favelou « laurier-tin »(S).cf.faviou

Favéto, « gesse tubéreuse »  cf.faviou

Faveroto, « gesse tubéreuse ».cf. faviou

Faviolet, « haricot vert filandreux ; naïf » (Job). Le mot faviola « haricot » est connu dans l’est du galloroman, du Morvan jusqu’à Montélimar. Il s’agit d’un dérivé de faviou  « haricot » (S) influencé par les mots du type flageolet  du lat. phaseolus. Il n’y a pas d’autres attestations de ce mot.

Faviòu « haricot tendre, qu'on mange avant que le grain soit bien formé » (S), dérivé de latin faba  “fève”, mot connu aussi à Arles. Autres dérivés favaròu « fève sèche de haricot », Gard faveroto « gesse tubéreuse »(sorte de légume pour les animaux), favéto « idem » et favelou « laurier-tin »(S), parce que ses fruits ressemblent à des fèves.

Feda "brebis". Le latin avait un substantif fetus ou fœtus "enfantement" et un adjectif fetus "ensemencé, plein, gros". Au féminin feta a pris le sens "qui a accouché" et substantivé "mère". Ce sens s'est conservé en gascon hedo "femme qui vient d'accoucher", comme en italien feta et fetare "accoucher". Feta a pris le sens spécifique de brebis déjà en latin; sens qui s'est maintenu en occitan, franco-provençal et dans certains patois en Italie. Après le Moyen Age feta a été remplacé par les représentants de vervex (> brebis) dans le Nord-Est du galloroman.
Pour les différends noms de la brebis en occitan voir le Thesoc s.v. brebis

Uniquement en galloroman nous trouvons dérivé feto, fetonem avec le sens "petit d'un animal" faon en ancien français, sens qui se restreint à "petit de la biche" au 15e siècle (1re att. 1360 DMF). De là anglais fawn "idem". En occitan nous trouvons fedon, fedou(n) "poulain" mais aussi "agneau" et le verbe fedouna "mettre bas en parlant des juments et des ânesses".

   

Fenestroun,  « petite fenêtre » 1750 Séguier1,feuillet 43v: « espinçave per lou fenestron " (Job., Mathon), un dérivé très peu connu en dehors du languedocien , quoique je viens de l'entendre sur France-Inter, du latin  fenestra « fenêtre » et le retrouver dans le Nord Velay "lucarne". Mistral s'adresse à Magali: :

"O Magali, ma tant amado,
Mete la tèsto au fenestroun !
Escouto un pau aquesto aubado
De tambourin e de viouloun."

............................................et dans l'aviation en anglais tail fenestron.

On peut se poser la question pourquoi le mot latin fenestra a été introduit dans toutes les langues romanes et germaniques : italien, catalan finestra, allemand Fenster, néerlandais venster, etc..La réponse se trouve dans l'histoire de la construction. Les construction des Gaulois et des Germains étaient en bois et ils n'avaient pas de fenêtres. C'est aussi simple que cela.

Je ne peux pas m'empêcher de vous renvoyer vers un blog qui décrit le chemin des Fenestrelles : "Aux alentours de Saint Guihem Il y une balade à ne pas manquer qui grimpe sur le flanc du Cirque du Bout du Monde ..." avec de très belles photos et un poème. Eldorad'Oc

L'occitan a créé l'adjectif fenestrièrodont témoigne le dicton suivant:

(RLR6,306)

Fenestrou (à Tharaux, Gard, Mathon) cf. fenestroun.

Festejaïres, « celui qui fait la fête », est dérivé de festo, du latin festa. Attesté dans l'Aveyron à la fin du XIXe siècle.

Feuse, feize, « fougère »; dérives : féusiero « lieu couvert de fougères  »; languedocien felsa(r) « fouiller un champ pour détruire la racine de fougère; couper la fougère »  (M.). Feuse, attesté en ancien occitan et dans tout le Midi, vient directement du latin filex « fougère» , comme l'italien felce.
D'autre part il y a en ancien français, en franco-provençal et dans les vallées occitanes de l'Italie une forme feuge qui repose sur latin filica, attestée chez Oribasius (320-400) et dans des glossaires. La forme du Compoix de Valleraugue feujes dans « certaine espace de terre pour pauzer feujes » avec -j- au lieu de -s- ou -z-, est unique en occitan. Je pense que le scribe a subi l'influence du français feugère le dérivé *filicaria qui est à la base des formes du Nord de la Gallo-romania, ou bien qu'il a eu un souvenir de l'ancien français feuge. Je ne sais pas jusqu'à quelle date cette forme a vécu.


felsar dans la falheiro

Falguèira, faugièra, falhièra « fougère », mais aussi « fougeraie » est le dérivé *filicaria indigène en languedocien du latin filica "fougère". Dans les parlers modernes nous trouvons assez souvent des formes comme feuzyeiro « fougeraie » sous la pression du français. Les mots ibéro-rmans, catalan falguera, espagnol helguera ont gardé le sens « fougeraie ».
Le verbe falgar « défricher une fougeraie » (Alibert) n'est pas attesté dans le FEW.

Sur les nombreuses croyances populaires du pouvoir magique des fougères suivez le lien.

Fiau, « feu » du latin . focus  comme le mot français feu TLF.

Fideous « nouilles, spécialement spaghetti » (Lhubac) emprunt récent; de l’espagnol fideos.

 

Fiesta « fête », emprunt récent de l’espagnol. La forme languedocienne est festo du latin  festa. Cat., it. festa, allemand Fest, néerlandais feest, anglais feast.

Figa, figo "figue".Etymologie : latin ficus qui désignait aussi bien l'arbre que le fruit. Le premier sens a été conservé en italien fico et en basque bikku, le deuxième en espagnol higo, portugais figo et en basque iko. Les formes galloromanes pour nommer le fruit viennent d'un pluriel *fica comme le catalan figa. Au figuré far la figo "se moquer de quelqu'un".

Dérivés : figon "petite figue", figueto "idem ; petite bouteille pour les essences ". Figuiera "figuier". Provençal et languedocien figueiroun "arum tacheté ou Gouet ou Pied de veau" à cause de sa forme. La racine sèche du figeiroun est un bon cordial selon l'abbé de Sauvages. Egalement limité à ces deux régions est le dérivé figaret "variété de châtaignier hâtif, dont les châtaignes se détachent du hérisson quand elles sont mûres" Voir la page Castagno s.v. figaretto

figueiroun
Chateau du Figaret à St-Hypolite-du Fort

D'autres toponymes dans le Gard à partir de figo:

Fissá « cingler, piquer ; enfoncer un aiguillon » (Lhubac : fisser fr. rég.)   représente un latin*fixare  dérivé de fixus  « fixe, consolidé, durable ».  L’évolution phonétique ainsi que l’évolution du sens très spécifique indiquent qu’il s’agit d’un mot indigène et non pas d’un emprunt tardif au latin. Dans le domaine galloroman fissá « piquer » et ses dérivés ou composés sont  limités à l’occitan.  On retrouve une évolution sémantique comparable  en Espagne, par ex. Aragon fizar « piquer ».

De nombreux dérivés sont attestés dans les patois de l’Aveyron,  comme fissounenc « piquant, mordant », fissounado « piqûre », fisso-lusèrp  « petit couteau pointu usé », fisou « aiguillon d’insecte », fissat « qui a bu un coup de trop », etc.
Le sens du latin fixare  y est conservé dans une attestation qui doit provenir de la région minière de la Grande Combe .fisso «  pierre noire feuilletée, de la nature du charbon, sur laquelle on trouve des empreintes de plantes fossiles, gardes de la houille » .

fisso

Pour ce sens Alibert s.v.fissa donne comme étymon latin fissus "fendu" part.passé de findere, mais cela est impossible pour une raison phonétique: latin fissus avec un -i- court se prononçait féssu déjà en latin vulgaire et a abouti à fesse.

Languedocien fouisset « fourche à manche court » (Mistral)   se rattache à la même famille de mots, mais a subi l’influence de foire « bêcher, piocher » du latin fodere  ou bien  de fouissino « sorte de trident » du lat. fuscina « fourche »

Fleque floc?
Floc « un morceau de quelque chose ».  Latin floccus  signifiait « flocon, filament de laine ; duvet  cotonneux de fruits », conservé en languedocien  flo(c)  et le verbe  flouquejá « couper menu, déchiqueter » ou le composé afloucá « « arriver en abondance » (Alès). Le sens « un (petit) morceau de quelque chose » semble limité au languedocien et à quelques attestations provençales.
Mais Languedociens attention !Si au restaurant à Prades (66) vous dites "Donnez-moi encore un floc" vous en aurez  beaucoup! mais dans le Nord Velay vous aurez une "touffe, ou un bouquet" (NVelay)
Le mot floc  « flocon »  est devenu européen, il existe dans toutes les langues romanes, it. fiocco catalan floc, port. froco  et germaniques: allem.
Flocke, néerl. vlok, angl. Flock .

Et le floc de Gascogne =??

Floquet « petit morceau de quelque chose »  dérivé de floc.

Floron "furoncle", flouroun, fleuron (Andolfi).du latin furunculus "furoncle", avec métathèse du -l-, probablement sous l'influence du mot flour "fleur". Ce mot est commun à l'occitan, le catalan floronc et le piémontais fioron.

flor et floron

D'après le TLFs.v. furoncle il y a eu en ancien français une forme floroncle sous l'influence de l'ancien occitan floronc. Par l'étymologie populaire qui veut toujours "motiver" les mots, furoncle a changé de famille. Latin ferunculus signifiait "abcès ", sens issu par analogie de celui de « bouton, bosse de la vigne; sarment sauvage (qui dérobe la sève aux tiges principales) », diminutif . du bas latin furo,-onis pris au sens de « voleur ». Voir ci-dessous furo "furet". La forme n'etant plus comprise, etpar ressemblance à certaines "fleurs" on en a fait une petite fleur, florem.

Flou, « fleur » (en parlant des plantes) du latin flos, floris, mot vivant dans toutes les langues romanes.  Le sens « ce qu’il y a de mieux » a existé en ancien languedocien flor « farine », (XIIIe s.) mais ne se retrouve pas dans les patois modernes. Dans un Sirventès, intitulé De paraulas es grans mercatz , toujours d'actualité, Peire Cardinal, écrit à propos du bon et mauvais utilisateur de la parole:

E-l mals s'en va ab so mot mal,
E si res a bon, non li'n qual;

Que semblanz es a barutèl (tamis)
Que reten lo lach (le laid) e da-l bèl

E laissa en passar la flór.
E qui retenra lo peiór
De so qu'au dire, ieu entén
Qu'el laissara la flor per bren
(le son. )

Vous trouverez le texte complet avec la traduction en francais en suivant ce lien: Peire Cardinal

Par contre existe le mot  flourado, « élite: ce qu’il y a de meilleur ». Dérivé de flos qui avait ce sens déjà en latin. Anglais flour "farine", néerlandais bloem "fleur; farine'. Cf. aussi sanfloura, flourat et flourié ci-dessous.

Flouquejá « couper menu, déchiqueter », cf.floc.

Flourat, « vermeil, bien portant » (Alès, Béziers), part.passé du verbe  ancien occitan   floura « donner de l’éclat », dérivé de flou « fleur ».

Flourdalisto, « royaliste » (Gard, d’après Mistral.), « qui, autrefois, exerçait  la profession de déchiffrer, de traduire les anciens actes » (Lang.), appelé aussi frâoudulisto  Le métier n’existe plus depuis la 2e moitié du 19e s. Substantif formé sur français fleur de lis « l’emblème des rois de France » depuis le XIIe s. La forme frâoudulisto est contaminée (ou un jeu de mots) par . fraoudo « fraude » emprunt au lat. fraus « tromperie » ; la forme indigène serait *fraou comme cat. frau  «tromperie». J'ai l'impression que le syndrome du "tous pourris" est très ancien.

Flourié, « grosse toile dans laquelle on met la cendre  pour la lessive au-dessus du linge à couler » (S),  ancien occitan flourie (1473); Manduel; florièr. D’après les attestations le mot est limité à l’est de la France, de la Lorraine au franco-provençal, provençal et en languedocien jusqu’à Pézenas.On le trouve aussi dans le Piémont.
Etymologie : dérivé du latin flos « fleur » dont le sens « cendres » semble être limité à la région de St. Etienne. Le transfert de sens de « fleur » vers « cendres » a dû se faire par le sens intermédiaire «farine » comme dans fleur de farine,  quoique ce sens est absent en languedocien moderne. Cf.   pourtant sanfloura  et flou ci-dessus.

Foganha "foyer, pierre de l'âtre; cuisine" (Alibert). Dans le Compoix de Valleraugue ( t. 2 p.123) : FOGAIGNE : Habitation. « La maison fogaigne du dit thomas Teulon ». Etymologie : le mot foganha, qui est limité au provençal et au languedocien, est un dérivé de focus "foyer, feu", + aneus attesté depuis le moyen âge, de Briançon jusqu'au département du Tarn, presque toujours avec le sens "cuisine", mais dans l'Aveyron c'est la "plaque de cheminée". En dauphinois existe le verbe fouganhar "faire la cuisine". Voir aussi le site La maison au moyen âge. Le mot se retrouve en catalan: fogayna "foyer". Faire fougagne « faire une grand feu » en fr.rég.(Lhubac).
Dans l'Inventaire du chateau d'Hyeres de 1431 nous trouvons le texte suivant avec une note de l'éditeur qui montre que la foganha est bien la cuisine:


Si vous avez une idée de ce que mal-net peut signifier, vous pouvez consulter cet inventaire, dans lequel il y aussi une liste des objets qui manquent !, grâce à Gallica. C'est dans le Tome 37, page 311 de la Revue des Langues Romanes.

Foguier de l'adjectif latin focarius « ce qui fait partie du foyer ». En occitan foguier comme adjectif ne se trouve qu'en combinaison avec le mot cap : cap foguier « chenet »(Albi 1200), cafouyé (Aveyron), appelé aussi cafio (S) de latin focus « feu; foyer ». Comme substantif foguier; fouguier signifie « âtre; foyer » et en occitan moderne « fusil du boucher » qui doit ressembler à un long tuyau ou cheminée.
L'utlisation comme adjectif dans le Compoix de Valleraugue :  « et l’étage plus haut d‘autre maison foguiere » (tome 1 179) doit être attribuée à un style cadastral, mais il n'y a pas d'autres attestations à ce que je sache.

capfio
cap foguier
ou capfio

Fondron  « tablier » cf. fandaou

Font "fontaine, source", prononcé fong ou fwong (p.ex. à Avèze) dans le Gard d'après le Thésoc. Latin fons, fontis signifie "source" et est masculin en latin classique, mais devient féminin à partir du IVe siècle. Fons a disparu dans une grande partie de la Romania, notamment dans le Nord de la Gaule, probablement par l'homophonie avec fond provenant de fundus. Fons est conservé en italien fonte, en catalan font et en espagnol fuente, en occitan et en franco-provençal. Des toponymes prouvent qu'il a dû exister dans le domaine d'oïl jusqu'aux départements de l'Aisne (Fontvannes) et de l'Aube (Fontette). Français fonts, sousentendu baptismaux est un emprunt au latin de l'Eglise. Une grande fontaine publique s'appelle grifol

Une étymologie peu intéressante! Mais j'en parle parce que pendant un week-end à Barcelone j'ai pu voir le spectacle grandiose de la Font de la plaça d'España. Cliquer sur ce lien pour avoir une idée!

Il y a aussi la A la Font de Nîmes.... (Musique et images)! Celui-ci vous mène à You Tube, video d'une manifestation à Carcassonne


Texte et musique en même temps. Avec IE il faut autoriser le contenu bloqué.

Fonfogne, « musique bruyante » fait peut-être partie de fougna, fonhar.

Foranisar "quitter le nid" voir forgna(r).
Forgnar
"quitter le nid" est composé de foras (dehors) + nidus +are. La forme donné par Alibert n'est attestée nulle part d'après le FEW (
7,122a-b), excepté en ancien gascon horanizar (1567). Confirmation dans les données du Thesoc. Partout ailleurs c'est foronisà, horoniza dans le Gers, forgner, fo(u)rniá, fourniá. Le verbe existe aussi dans le Bournonnais, le Centre et le Berry. Un jeune oiseau qui a quitté le nid s'appelle un fourniau (Marseille), un foronison (Toulouse, Tarn, Castres) ou un froniol (Cahors). Dans la Haute Provence , le Poitou et dans la Sologne le verbe a été renforcé par ex- : s'efforgner "quitter le nid; s'émanciper", qui existe aussi dans le Nord de l'Italie.

A partir de nidus ont été formés aussi le verbe déniar, denizar "dénicher, abandonner son nid" < de + nidare (Creuse, Dordogne) et aniar, anizar "nicher, faire son nid, couver" et s'aniar, s'anizar "se nicher" < ad + nidare. Dans l'Aveyron le participe passé onià, oniqua, aniat apris le sens " affaibli par défaut de nourriture"; ce sens a dû naître sous l'influence d'un dérivé de nihil : (a)nequeriment "faiblesse par manque de nourriture" (FEW 7, 139b),Enfin dans l'Aveyron on a créé le verbe desonisà "dénicher" < de + ad + nidare , dans la Corrèze désanià (Thesoc) .


prêts à forgna, fournia, déniar, ou denizar.

Forrupa "humer, sucer,.." voir Fourrupa

Fougasso « gateau ». Etymologie: le mot lat. focacium  un dérivé  de focus « feu », désigne une sorte de pain cuit dans les cendres et non pas dans le four. Le mot est resté ancien occitan fogasa  1391, en fr. fouace, it.focaccia, cat. fogassa, esp. hogaza, pg..fogaça et dans les patois pour  désigner toutes sortes de gâteaux, tartes, pains  avec ou sans grotillons.etc. L’expression provençale faire fougasso signifiait « être surpris par la pluie, lorsqu’on  a ses gerbes étendues sur l’aire » et de là « ne pas réussir » et  le substantif   fougasse « fiasco » (Job) et lang. esfougassa « aplati ».

occitan fougasso, italien focaccia, espagnol hogaza

, Fougna fonhar 1. "pousser, cogner, soulever, presser" etc. 2. "bouder,  faire la tête". Le composé fougne-merde prouve que le verbe languedocien fougna a (eu) deux sens

Dérivé du latin fundus « fond ; terre ».
Le sens 1) est attesté à Nice et dans le dictionnaire d’Alibert fonhar « pousser, cogner, soulever, fouiller ». On le retrouve dans le Nord-est de la France et en Wallonie. Le sens « bouder » est issu du premier par la comparaison d’un animal qui fouille la terre aux joues gonflées d’une personne qui boude. Fougner en fr.rég. (Lhubac). Il  se trouve en Normandie, Le Maine, Poitou, Franche-Comté, en provençal et en est-languedocien : par ex. Alès « faire grise mine », jusqu’en Velay et au Périgord, mais pas en gascon. Alibert le mentionne comme languedocien sans localisation.
Se fougner veut dire "s'éviter" : "Toutefois à certaines occasions... on se fougnait" (Domergue p.161). Fougna  est à l’origine de nombreux dérivés comme fougnaire « boudeur »  et
Fougnarello « ancienne danse provençale mentionné par C.Brueys » (Mistral, mais il m'est impossible de retrouver le passage exact). Un dérivé. de fougna « bouder ». « La Fougnarello (“Boudeuse”)  paraît se rattacher au mythe de la Mort de l’Hiver  qui ressemble à l’Angrismène des Grecs et à la Fachée française ». (Christian Mandon ‘L’origine de l’arbre de mai’ A paraître). Cette danse est exécutée en honneur de Vénus.


Coré d'Eutydichos dite "Boudeuse",

Il y a aussi un ballet dont Stravisky a composé la musique. Dans La Fâchée les acteurs dansent  l’histoire d’une belle qui refuse les avances d’un amant.  Quand, désespéré, il tente de se suicider, elle accourt et tout finit bien. L'histoire complète de cette danse  se trouve dans le site : http://www.streetswing.com/histmain/z3angry.htm  (en anglais).

Vu les liens étroits entre la Provence et la Grèce avant l’arrivée des Romains, il est intéressant de noter que cette danse provençale correspond à l’Angrismène  une danse  qui est toujours très populaire en Grèce et cela depuis l’Antiquité.

Fougne-merde « fouille-merde » (Andolfi) cf. fougna.

Fouiro, « diarrhée  où les évacuations fécales sont presque liquides » comme fr. foire (vieilli)  et l’adj. foireux du lat. foria. Se trouve dans tout le domaine gallo-roman en portugais et en Italie du Nord. Le verbe languedocien  fouirá 'foirer' et l’adj. fouirous (Cou) sont dérivés du substantif.

Fouisset « fourche à manche court » (Mistral) cf.fissa

Fourfouilla, «farfouiller (S) ; gigoter, s’agiter en tous  sens »(Job). Il faut  supposer un lat. *fodiculare « creuser la terre pour chercher quelque chose » dér. de fodere « piocher ». Le mot qui n’existe qu’en galloroman, y est fortement répandu.. La forme avec le préfixe four-  est limitée au dauphinois, le provençal et, en languedocien, au Gard et à l’Hérault.

Fourniá "quittter le nid " voir forgnar

Fourrupa, forrupa "humer, sucer, boire d'un trait (Gers), boire avec avidité" etc. et un fourrup une "gorgée" un mot occitan de l'ouest, à partir de Toulouse. En lisant l'introduction à l'oeuvre de Goudouli, j'ai trouvé la description que voici:

Fourrupa du café


D'autres formes avec h-, ch-, ou s- initiale. h- < f- est l'évolution régulière en gascon. ch- sous l'influence de l'espagnol. Ce groupe de mots a son correspondant en espagnol churrupear " boire du vin en petite quantité en le dégustant" et il est probablement d'origine onomatopéïque et imite le bruit de quelqu'un qui aspire en buvant. Le f- initial des formes occitanes provient peut-être de l'influence du verbe fourrá "faire entrer". Voir encore Corominas 2,98
Néerlandais slurpen, allemand schlürfen, norvégien slurpe,, anglais slurp (verbe) signifient tous "boire en aspirant et faisant du bruit". Anglais slurp subst. "an intake of food or drink with a noisy sucking sound". Le bruit est essentiel!
Mon amie catalane m'écrit : Je suis le petit "débordement "de bleu catalan ds ta carte, d' où petites divergences. exemple ::on dit xarrupar pour "siroter, siffler ( boire)"

Franciman , « terme de mépris pour ceux qui parlent français entre eux »(Seguier1), mot pr. et lang. L’abbé de Sauvages le mentionne mais sans le sens péjoratif. Dans l’Aveyron : « langage des gens qui parlent mal le français ».
Composé  de France et -man.  Le nom France ne désignait à l’origine que l’Ile de France, opposé à Champagne, Picardie, etc. Plus tard avec l’extension du pouvoir du roi, "tout le nord de la France" opposé à "Provence", c-.à-.d. le pays d’oc, parfois jusqu’au 19e s. Le suffixe –man fait penser à germ. -mann qui sert à nommer des peuples, mais dans franciman il ne peut pas être une continuation directe. Il s’agit plutôt d’une formation analogique à normand,  flamand, allemand.

Frâoudulisto, cf. flourdalisto

Freta, « frotter » d’un latin frictare, mais il y a des évolutions phonétiques inexpliquées. En occitan c’est la forme freta- qui domine ; la forme frota ou fruta  comme  p.ex. à Pézenas ou à Nîmes (Mathon)  est peut-être née sous l’influence du français  où la forme avec –o- règne seule.  Aoc  fretar signifie aussi « battre, rosser ». De là aoc. et languedocien fretado « volée de coups », mot connu aussi à Lyon, en dauphinois, limousin et béarnais.

Fretado « volée de coups », cf. freta

Frétadou, « amoureux qui se serrent de près » (Mathon), frotadou « homme amoureux »(Andolfi). Dans les dictionnaires 18e-20e s., on ne trouve en pr. et lang.  que les sens  « torchon, essuie-main, frottoir ». S’agit-il d’un néologisme sous l’influence du mot doux ? Cela dépend bien sûr  de la place de l’accent tonique ! frétàdou ou frétadóu.Cf. freta

Les frottadous

Frïa « frotter » (Mathon) . Normalement latin fricare  « frotter » aboutit à fregá(r)  en occitan (cf. Alibert). Georges Mathon  m'écrit à propos de ce mot : « Frïa avec une fille (rapports avec une file, gestes) » L’étymologie m’est inconnue. Frotter "on va frotter au grand-pont" (lieu de rencontre, garçons et filles, à l'abri du regard des adultes. Pourrait-il s'agir d'un mot gotique friïon "aimer une femme"?

 

Toutes ces expressions on un rapport avec la relation d'un garçon avec une fille.Cela fait partie du langage courant utilisé dans certains villages gardois (canton de Villeneuve).
Il est curieux de noter que les jeunes du canton de Villeneuve se feront bien comprendre dans le Limbourg aux Pays Bas  où la même activité s’appelle vrïəe

Frigoulo « thym », du latin fericula un dérivé de ferus « sauvage ». Un mot typique pour la région autour du golfe de Lion, cf. catalan frigola, déjà en ancien occitan ferigola. Normalement  fericula aurait dû aboutir à *fericla, mais c’est  peut-être sous l’influence des moines qui s’occupaient beaucoup des plantes médicinales et du latin, que l’évolution de la forme a été ralentie. En lang. nous trouvons aussi le dérivé frigoulous « terre en friche rempli de thym ». Un autre dérivé, frigoulo, ou frigouleto  désigne le « serpolet » qui est très proche du thym. Depuis le 16e siècle la férigoule se trouve dans des textes français mais toujours avec une référence au Midi, par ex. Pierre Larousse : « farigoule  nom du thym dans le midi de la France ».Il y a beaucoup de noms de lieu, par ex. :


L'abbaye St. Michel de Frigoulet
. Magnifique!


Une recette trouvé sur internet : « Fricassée de volaille au pèbre d’ail et farigoule ». C’est devenu un nom de magasins, restaurants etc.

Thym  serpolet 

D'autres noms pour le thym pebrada, serpol, voir Thesoc.

Frotadou, cf. fretadou

Fruta, «  frotter »  surtout dans l’expression  « Aï fruta ben for » (Math). Le -u- sous l'inflience du français. Cf. freta.

Furar « fouiller ; fureter ; chasser au furet » du verbe latin furare « voler ». Aoc. furar « dérober ». Les sens   actuels se sont développés sous influence de fura « furet » et ses dérivés. Le subst.m. fur « action de fouiller, perquisition » est dérivé de furar.

Furenejar « puer », cf. furo

Furo « souris ». Le sens attesté du lat. fur, furis est « voleur », mais le fait que le dérivé latin furo, furonis  signifie « furet », nous permet de supposer que fur signifiait également « furet ».Le furet est un putois domestiqué. Il y a des élevages de furets! L’animal a été importé en Espagne probablement venant d ‘Afrique pour la chasse au lapin et de là en Pays d’Oc et en France. En occitan il y a deux formes : fura « furet femelle », (aussi cat. fura) et le dér. furet. En languedocien le sens de  furo a été transféré sur la « souris » et les dérivés furé ou fureto  désignent également une « (petite) souris ».
Spéciaux sont les dérivés entrefura « se dit du furet lorsqu’il est enfermé dans un terrier par le lapin blessé qui bouche la voie » dans l'Aveyron et  furetéja « chasser au furet».
L’it. furetto, l’allemand  Frettchen et le néerl. fret ont été empruntés au français. En espagnol hurón et pg. furão nous trouvons le type lat. furo, furonis « furet » qui est également connu en occitan depuis le moyen age :  furon, furoun.  Le verbe furenejar « puer » (Alibert) est un autre dérivé du lat. furonem.  Le sens par contre est dû à une confusion entre le furet et le putois, qui lúi répand une odeur infecte.

  

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1.souris 2.mulot 3.putois 4.furet

Fustet "sumac". Etymologie : arabe fustùk "pistachier". Attesté en ancien occitan festuc "pistache", et que Rabelais nommait festique, peut-être sous l'influence de l'occitan faouviq ?.Une description dans l'Encyclopédie des Arts et des Métiers. Pour plus d'info sur l'étymologie, je cite le TLF : Empr. à l'a. prov. fustet « id. » (XIVe s., Evang. de l'Enfance ds RAYN.; cf. aussi LEVY (E.) Prov.; cf. prov. mod. fustel cité ds FEW t. 19, p. 49a), lui-même empr. au cat. fustet (dep. 1249 ds ALC.-MOLL), empr. à l'ar. fústuq, fústaq « pistachier ».
Il s'agit du sumac qui fournit une matière tincturale jaune et qui est encore utilisé de nos jours pour ses excellentes qualités, qui s'appelle RETAN-BLK-M ou TSK
; c'est plus moderne...
Voir aussi Falbe ci-dessus, et rodo ou redoul

Le transfert de sens de pistachier > sumac s'explique par leur ressemblance. Ils appartiennent tous les deux à la même famille des Anacardiaceae

.
pistachier< >fustet.

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1) A propos du mot fan.Voici un exemple d'une telle tablette trouvé en Calabre, de l'époque où on y parlait encore grec!

et une autre trouvé à Eyguieres (Bouche-du Rhône)!(source Wikipedia en anglais)

 

Si cette forme de magie vous intéresse, taper "defixio" sous Google et vous trouverez une grande quantité de sites. La defixio désigne le procédé par lequel on exécute la deuotio. Il faut rattacher ce mot au verbe latin defigere (= ficher,enfoncer, clouer) ; defigere nomina cera "transpercer un nom écrit sur la cire (maudire qn)" Ovide.
Il s'agit d'un rite d'envoûtement très ancien connu des Egyptiens, des Grecs et des Romains. L'instrument en est le plus souvent des tablettes de plomb, roulées ou pliées et percées d'un ou plusieurs clous. La maladresse des inscriptions et des tracés prouve que ces tablettes étaient rédigées par tout un chacun, et souvent à la sauvette. De même, le caractère stéréotypé des formules, accompagnant une langue vulgaire remplie d'injures, traduit une tradition orale.
(Ma source: http://www.ac-versailles.fr/pedagogi/anti/magie/magie03.htm).