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Dictionnaire
Étymologique Occitan
Robert
A.Geuljans ©
ou HISTOIRES de MOTS OCCITANS
F
Fa note de musique. Voir TLF pour une définition précise. L'étymologie est : Première syllabe du mot latin famuli, au second vers de l'hymne de St Jean Baptiste de Paul Diacre, choisie arbitrairement par Gui d'Arezzo [995-1050] pour désigner la note de musique. Pour plus d'info suivez ce lien.

Le nom ut a été remplacé par do plus tard, parce que le mot ut n'est pas facile à chanter.
Fabard, « imbécile » Clermont l’Hér.,cf. favasso
Fabla,faula > TLF fable
Fabre,
faure s.m."forgeron" Site : nom
de famille : "En France : 39 592 personnes portent le nom de
famille Fabre selon nos estimations. Le Fabre est le 66ème
nom le plus porté en France" . Pour les toponymes, voir A.Longnon,Les
nom de lieux de la France,p.552 ss. Noms de famille très
répandu : (Jeudi 29 mars 1597) Cest présenté le sire
Pierre Fabre, fils à autre Pierre. A esté sensuré
pour avoir conduict une putain, ou aportée en croupe sur une mule,
nommée ladicte putain "La Muscadele". Pour la suite de
cette histoire cliquez!
Etymologie : latin faber "forgeron". Le mot fabre,
favre a aussi existé dans le Nord, mais depuis le XIII siècle
il y est concurrencé par un dérivé de fabricare
> forger. Il a pourtant pu se maintenir dans la langue
juridique jusqu'à la Révolution, par exemple dans des statuts
des fèvres couteliers, des fèvres mareschal, et jusqu'à
nos jours dans orfèvre.
Fabre s'est maintenu en occitan et en franco-provençal. Dans
quelques endroits le sens s'est spécifié, comme en Ardèche
faure "serrurier". A Toulouse et dans le Tarn-et-Garonne,
les faures est la "vipérine commune"(Echium vulgare
L. ) parce que posée sur une plaie elle calme la douleur brûlante;
autres noms qui confirment : herbe à feu, brûlotte. La
plante contient de l'échiine (poison paralysant du système
nerveux comme le curare!
faures
Déjà en latin faber était concurrencé par ferrarius. Ce dernier a donné catalan ferrer, espagnol herrero, portugais ferreiro. Faber vit en italien fabbro.
Fabregar > TLF fabriquer
Fabrego, falabrego, farabrego "micocoule" (provençal, mais aussi à Pézénas) "basilic" (languedocien) voir aufabrego et Voir aussi l'article Micacoulié
Fabricar > TLF
fabriquer
Fach > TLF
fait
Facia > TLF
face
Facil > TLF
facile
factura
TLF facture
Fadá
« simplet, niais »(Andolfi).
Etymologie : dérivé du latin fatuus + aceus
adj. et subst. qui avait les deux sens : « sot, niais »
mais aussi « fade, sans goût ». (Pour Alibert
il y a deux adjectifs : fad féminin
fada 'insipide, sans goût' et
fat féminin fada
'fou', mais du premier il n'y a que quelques attestations et je pense
que ce sont des emprunts au français.)
Le mot ancien occitan fat « sot »(XIIIe s.)a été introduit
en français fat
adj. et s.m. « sot, niais » par
Rabelais après ses études à Montpellier. En occitan la signification
"sot, niais" a été renforcée par le verbe
fadá"ensorceler" et ses dérivés
enfadá "enchanter", enfadat "féerique,
merveilleux" (Alais) qui proviennent du mot latin fata
"fée" à l'origine "déesse de la destinée",
occitan fado, fada.
Le sens en français moderne "prétentieux, vaniteux"
date du XVIIe siècle.
Cf. aussi néerl. fat "personnage satisfait de lui-même".
L'argot anglais (appelé "slang") par contre a gardé
le sens d'origine de fat "sot, niais" (Webster).
Les dérivés anglais fatuity (du latin fatuitas
"folie, sottise") et fatuous sont des faux amis pour
les Français mais pas pour les Occitans, puisque la notion centrale
de ces deux mots est "sot, niais".
Les dérivés sont très répandus en provençal et languedocien,
comme fadegear « badiner »(S).
Le sens « fade » par contre est inconnu dans le
Midi.
Au XVIe siècle le français a également emprunté
le mot fadatz, fadas "niais", pour l'oublier pratiquement
et le reprendre au XXe siècle; sous la forme fada il est
rentré dans les dictionnaires (TLF).
et fadaise "chose insignifiante".
Le caractère créatif des mériodionaux est illustré
par la grande quantité de dérivés qui sont crées
à partir d'un mot comme celui-ci : fadenc, faduc, fadel, fadaou,
fadat, fadourlaud, fadouilho, fadoli, fadade, et j'en passe.
A Bandol il y a "le mur du fada" que Raimu a fait construire:
"Le mur du fada" Photo
J.P.Cassely . ....... .....................FFadá
ensorcelé ou simplet?
...................................F
.....
Fáda s.f. "fée" a la même étymologie que le mot français, latin fata "déesse de la destinée". En ancien occitan a été créé le verbe fadar "douer d'une vertu surnaturelle" ce qui a donné en languedocien fada "ensorceler". Un fadá peut donc être un "ensorcelé" ou un "simplet".
Fag "hêtre"
voir fau
Fageda "hêtraie" voir fau
Fagot > TLF fagot
Faï, s.m., pl.faïsses, « fagot ; faix de
branches »
Faisar
« envelopper »,cf.
faisso ci-dessous.

L'ancien occitan faisa et le verbe faisar « envelopper,
bander, serrer , Aude faisa v.a. « enmailloter »,
représentent le verbe latin fasciare "bander,
envelopper de bandes".
Etymologie: pratiquement
toutes les significations qu'on trouve dans les patois modernes existaient
déjà en latin : fascia « bande, lien, sangle,
etc.». Le
mot latin fascia avec le sens « bande de terre »
se trouve déjà dans des inscriptions latines en Gaule. Cf. aussi catalan.faxa,
espagnol haza, portugais faxa et
ancien occitan faissa, surtout en provençal et en auvergnat.
Le sens exact du mot s’adapte bien sûr à la configuration du terrain,
p.ex. Aveyron faïsso « carré d’un jardin, petit champ »
mais en Camargue "
une partie des terres labourables dune exploitation, affectée
à lune des cultures de lassolement ou à la pâture,
parties généralement séparées par des
roubines* ".
Un visiteur originaire du Vaunage m'écrit que pour lui "les
faïsses sont les cultures en espalier dans les côtes,
vignes, oliviers ...".
faïsso en Camargue et dans les Cévennes.
Voir pour une étude approfondie et très documentée
de ce mot au sens "bande de terre" consulter l'etude de : M
Falabrego, farabrego "micocoule" (provençal, attesté aussi à Pézénas) "basilic" (languedocien) voir aufabrego . Absent de l'Alibert. D'après le dictionnaire Panoccitan qui veut normaliser l'occitan, l'alfabrego serait le "grand basilic" et le falabrego le "micocoulier". Le nom du basilic serait baselic. Etymologie: faba graeca "micocoulier" attesté chez Pline. Le même mot se retrouve dans le Nord de l'Italie. Voir aussi l'article Micacoulié emprunté par l'occitan au grec et prêté au français.
Fouviq,
fauvi
faubeta
fauvi

SUMAC - RHUS:
Rhus coriara. - Toutes les parties de cet arbrisseau sont astringentes
et rafraîchissantes; réduites en poudre, elles servent à
préparer le cuir. Il est connu sous le nom patois de nerte
de Roudou. (littéralement "myrthe
de Rhus"). On le trouve dans les lieux rocailleux et les fentes des
rochers, aux bords du Gardon, au Pont du Gard, à la Beaume, à
Saint-Nicolas; floraison juin-juillet.
Rhus cotinus. - Le bois, jaune et vert de cet arbrisseau sert pour
la teinture et est employé par les luthiers, les ébénistes
et les tourneurs. Il est connu sous le nom de fustet.On le trouve
dans les bois, aux bors du Gardon, à Saint-Nicolas, Anduze, à
Tresque, à Nîmes; floraison mai-juillet.
2 chichourles
Dans le site de Georges Mathon,
une petite histoire en patois, je trouve O
fan de pié .

falda 'tablier' + 'jupe' .llllkjCe faoudo est bien plié
En ancien occitan faudas (f.pl) « pan d’un habit ». Le mot s’est répandu dans le Midi, en Italie et dans la péninsule ibérique : cat. falda « tablier, giron ». A partir du sens « pli d’un tissu, pan d’un habit » s’est développé le sens « jupe ». Au moyen âge occitan faudas désigne aussi « la partie de l’armure qui va de la ceinture aux genoux ». Du sens « jupe » on passe à la partie du corps couverte par celle-ci : « giron ». Languedocien faoudo, fauda « giron ». Alès fa faoudito « s’accroupir » (S).En languedocien il y a deux dérivés concurrents 1) –ale comme fudaou, fandaou « tablier » . 2) –ile comme en Lozère fudyao. Parfois on fait une distinction entre tablier pour homme ou femme. Autres dérivés : se refaudi « se blottir, se refugier (sous-entendu dans le giron) » et refaudi « refuge ».
Les Wisigoths et plus tard les Ostrogoths ont occupé la Septimanie chère Georges Frêche, de 419 à 711.
Une leçon de géographie linguistique.
La comparaison de la répartition géographique des mots pour
désigner le tablier en France et en Italie, nous montre que l’histoire
des mots reflète l’histoire politique
et culturel d’un pays. En France, tous les types dialectaux, comme devancièr,
escorcuel, fauda et faudère, etc.ne se trouvent que dans la périférie,
en Wallonie, Flandres, Gascogne, Languedoc. Le mot adopté par l’Ile de
France a remplacé les mots locaux à partir de Paris en suivant les grandes
routes. D'abord le type devantier et ensuite le type tablier.La
cartographie du progrès des types devantier et tablier ressemble
beaucoup à celle des lignes de la SNCF et des grandes routes. En Italie
par contre il n’y a jamais eu un pouvoir central jusqu'à Garibaldi;
là on trouve un mot piémontais, milanais, vénitien, etc. Chaque région
a sa propre identité.
Des formes comme le gascon hagne, le pérgourdin et le limousin
fagno reposent directement sur le gotique *fanja "boue".
On les retrouve dans les parlers plus au nord, jusqu'à la Loire.
Un. deuxième groupe, comme occitan fanga, fango vient d'un
germanique fani- + ga. Le plus répandu
en occitan est le dérivé expressif fangas "bourbier".
A partir de ce dernier la créativité lexicale de l'occitan
ne connaît plus de frein : fangassié "celui qui
se plait à marcher dans la boue; râle d'eau", fangassous
"bourbeux", s'esfangassar "s'affaisser, s'aplatir
comme de la boue" (Barcelonnette), etc.
Fanny, spécialement ses fesses, voir tafanari.
Farandoulo "farandole" est passée dans le TLF! et dans le Dictionnaire de l'Académie depuis 1835. L'étymologie d'après le TLF, qui suit le FEW , est : d'origine incertaine; peut-être altération du provençal barandello, brandello « farandole » dérivé de branda « remuer, branler », de même origine que brandir*, sous l'influence . de dérivés occitans tels que flandina « cajoler », flandrina « lambiner », flandrin « fainéant » (FEW t. 15, 1, p. 252, note 14 et t. 15, 2, p. 136b; v. aussi Coromines.).
Je ne suis pas très convaincu par cette étymologie; d'autant plus que b(a)randello est définie comme une "farandole languedocienne"! Voir aussi mon article brandado.
Deux miniatures qui représentent des farandoles ? Le nom
farandole n'est pas attesté avant le XVIIIe siècle.
Catalan : farandola "Dansa popular que hom practica actualment encara a Provença, però que també havia estat ballada a Catalunya".

una mummia del Perù ancora avvolta nel fardo; circa XII sec
esp.,
pg. fardo
« paquet
de marchandises »,
Italien
fardo, cat. farda « ensemble de choses inutiles »
et « paquet de nourriture pour un voyage d’une journée », comme
à Pézenas fardo « besace dans laquelle les journaliers portent leurs provisions
de bouche » Dans le Tarn fardel « paquet de tripes »
et en Rouergue a la fardoulho « en désordre, à la hâte »
(M).
D’après von Wartburg le mot
ancien occitan fardel « paquet », comme fr. fardeau,
ont été empruntés à l’italien ou directement à l’arabe comme
terme technique de commerce. Ensuite on a créé une ‘racine’ *farda
avec les mêmes sens.
Le mot arabe farda signifie aussi « étoffe, habits »,
car, quand on voyage le ballot ne
contient souvent que des habits. De là languedocien fardo « vêtements,
hardes », Alès fardos « trousseau de la nouvelle mariée »
(S), et des dérivés comme
lang. fardetos « layette d’enfant », fardá « habiller,
équiper, ajuster » Aveyron fardasses « chiffons ».
La répartition géographique du type farde « étoffe » est limité au gascon et languedocien.
Petite
excursion :
Au XVIe s. les soldats gascons ont introduit le mot farda
dans le français de Paris avec
leur prononciation à eux : h- au lieu de f- :
hardes et il s’est répandu de la capitale vers les provinces du
nord principalement. Le sens péjoratif du mot hardes qui au XVIe
s. signifiait « bagage, vêtements, linge et coffre d’une personne »,
n’est attesté que depuis 1771. Le dictionnaire de l’Académie de
1762 parle encore de « belles hardes » !
Farder
v.r., fr.rég. se farder “s’habiller
mal“ (Lhubac), dér. de farda
Fardetos « layette d’enfant » cf. farda
Fardos « linge » cf. farda
Fargasse s.m. « homme négligé ». Dérivé de farda avec –g- sous l’influence de quel
autre mot ? carguer ?
Fartalio (fartaille en fr.rég.) « menues herbes potagères »(déjà S ; Job). « vieilleries »(Andolfi).
Du latin fartalia (dérivé
de fartum le part. passé du verbe farcire)
attesté au VIe s. chez le médecin Anthimus, avec le sens « farce,
hachis ». Le mot, ainsi que les dérivés fartaiaire
« marchand de jardinage »(Mistral)
et fartaiá v.a.« cueillir et parer les herbages d’un potager,
les préparer pour la vente », semblent être typiquement nîmois.![]()

Gargalhau, crida deforo:
"Pelharot, ferre vielh,
Pel de lebre, pel de lapin"
Rouquier2, p.10
vient du gotique et burgond fatt-. Il
existe encore en néerlandais: vod « chiffon »
et en allemand Fetze"chiffon" et le verbe fetzen
"déchirer en chiffons" qui d'après le Dictionnaire
des frères Grimm viennent d'un ancien fat. Le mot
burgond se retrouve en franco-provençal fato "sac,
pochette", en suisse-allemand et en alsacien fëtze. Espagnol
hato "vêtements", et portugais fato
, basque atu "bagages, meubles"
apprtiennent à la même famille..
Fataire et sa racine fato « chiffon,
guenille ; linge à panser une plaie » (S)
se trouve surtout dans une zone qui comprend le Gard, l’Ardèche et le
Velay. A Manduel 'lavette' a été traduite avec fata
(ALLOr-1090).
Le languedocien est particulièrement riche en dérivés : fatá
v.a. « envelopper d’un linge ; étouper une futaille qui fuit »
(S), fatéto « petit chiffon, pécule d’une femme » ;
Nîmes esfata « défricher » ; esfataire « celui
qui déchire ; défriche » Valleraugue defata v.a. « effacer ».
(Je suis le FEW
qui maintient l'étymologie proposé par Brüch (Z
38,1917,p634), contre Corominas (2.888)qui propose une origine arabe.)
Voir aussi fatras.
Fatéto « petit chiffon » cf. fataire
Fato,
fata s.f. « chiffon »,
en français régional une fate "un bout de chiffon"
(Manduel), cf.fataire
Afatrassir 1. v.tr."rendre mou, lâche" 2.
faterassa
Fagus est concurrencé par l'adjectif dérivé
fageus, -a qui donne faja, fajo "1.faîne;
2. hêtre" en occitan, , fajo "forêt de hêtres"
en occitan. Voir
Thesoc.s.v. faine. Le
masculin fageus > hay "hêtre" en béarnais.
L'évolution phonétique de fagus en français > fou a créé un problème, même si un fou ne peut pas être (un) fou < follis " « soufflet pour le feu; outre gonflée; ballon; bourse de cuir » qui a pris à basse époque en emploi comme adjectif le sens de « idiot, sot » (TLF). Il a été reùmplacé par hêtre. Je cite le TLF avec quelques changements typographoiques : 1301 hestre (doc. ds Gay). De l'ancien bas franque *haistr (cf. néerl. heester « arbuste »), dérivé , à l'aide du suffixe -tr, servant à former les noms d'arbres (cf. apholtra), du radical de *haisi « buisson, fourré » qui est entré en gallo-roman sous trois formes différentes (v. hazier). *Haistr est devenu roman plus tard que haisi et haisia (v. hazier), de sorte que ai y était devenu e. Il a éliminé l'ancien français fou (v. fayard, fouet) désignant les grands arbres, tandis que hêtre était le nom donné aux jeunes troncs qu'on coupait régulièrement et qui repoussaient généralement sur les souches. Cette distinction s'est perdue par la suite et hêtre, remplaçant fou, a fini par désigner l'arbre adulte (b).
Dérivé : Fageda "hêtraie", fagede dans le Compoix de Valleraugue.
fau
et
faja
Faouviq, fauvi
"sumac" voir falbe
Faube,-a et
dérivés voir falbe

Favaròu « fève
sèche de haricot ».cf faviou
Favasso, s.m. « grosse fève » (Job).
Dans les dictionnaires on ne trouve dans le languedocien que le sens « fanes
de fèves ». Le sens « grosse fève" est attesté dans la
région de Montélimar. Dérivé du latin faba
« fève ». Au figuré « qqn de lourd, pas dégourdi »
(Andolfi). faviol,
faviolas "étourdi, imbécile" Cévennes
et Montpellier dans Alibert s.v. fava
et .favar adj. "bavard".Conservé
également à Clermont l’Hér. fabard « imbécile ».
Dans l’antiquité, la faba était la nourriture des Romains
"d’en bas" et des porcs. De là le sens péjoratif en latin. Voir
aussi baraquet "haricot blanc".

Pourtant , la fève, de couleur noire ou blanche servait à élire les rois pendant les Saturnales, fête du solstice d'hiver. Wikipedia : "Les Saturnales (en latin Saturnalia,ium,) étaient, durant lantiquité romaine, des fêtes accompagnées de grandes réjouissances, célébrées en l'honneur du dieu Saturne, pendant lesquelles les esclaves jouissaient d'une apparente liberté et où tout était permis. Dabord du 17 au 21 décembre, puis plus tard du 17 au 24 décembre, cette fête de la liberté inversait lordre des choses et pendant un temps, les esclaves devenaient les maîtres et inversement. On suspendait des figurines au seuil des maisons et aux chapelles des carrefours. On servait du cochon de lait dans des banquets qui donnaient lieu à de véritables ripailles."
Cette coutume s'est perpétrée à travers les âges. Les ripailles sont devenues des Galettes de roi et les Fèves des figurines. Les enfants deviennent ( ou restent?) des Rois. Ce renversement de l'ordre établi a lieu aussi pendant le Carnaval, en tout cas au Limbourg (Pays Bas), en Wallonie (Belgique) quand le maire donne la clé de la ville et avec elle le pouvoir au Prince Carnaval, et en Béarn où Saint Pançard devient le patron.
.
Un sujet à approfondir.
Favéto, « gesse
tubéreuse » cf.faviou
Faveroto, « gesse tubéreuse ».cf. faviou
Faviolet, « haricot vert filandreux ; naïf » (Job).
Le mot faviola « haricot » est connu dans l’est du galloroman,
du Morvan jusqu’à Montélimar. Il s’agit d’un dérivé de faviou
« haricot » (S) influencé
par les mots du type flageolet du lat. phaseolus. Il n’y a pas
d’autres attestations de ce mot.
Faviòu « haricot tendre, qu'on mange avant que le grain soit bien formé » (S), dérivé de latin faba “fève”, mot connu aussi à Arles. Autres dérivés favaròu « fève sèche de haricot », Gard faveroto « gesse tubéreuse »(sorte de légume pour les animaux), favéto « idem » et favelou « laurier-tin »(S), parce que ses fruits ressemblent à des fèves.

Pour les différends noms de la brebis en occitan voir le Thesoc
s.v. brebis


Fenestroun, « petite fenêtre » 1750 Séguier1,feuillet
43v: « espinçave per lou fenestron " (Job.,
Mathon), un dérivé très peu connu
en dehors du languedocien , quoique je viens de l'entendre sur France-Inter,
du latin fenestra
« fenêtre » et le retrouver dans le Nord
Velay "lucarne".
Mete la tèsto au fenestroun !
Escouto un pau aquesto aubado
De tambourin e de viouloun."



(RLR6,306)
Festejaïres, « celui qui fait la fête », est dérivé
de festo, du latin festa. Attesté dans l'Aveyron
à la fin du XIXe siècle.
D'autre part il y a en ancien français, en franco-provençal
et dans les vallées occitanes de l'Italie une forme feuge qui
repose sur latin filica, attestée chez Oribasius
(320-400) et dans des glossaires. La forme du Compoix
de Valleraugue feujes dans « certaine espace de terre
pour pauzer feujes » avec -j- au lieu de -s- ou
-z-, est unique en occitan. Je pense que le scribe a subi l'influence
du français feugère le dérivé *filicaria
qui est à la base des formes du Nord de la Gallo-romania,
ou bien qu'il a eu un souvenir de l'ancien français feuge.
Je ne sais pas jusqu'à quelle date cette forme a vécu.

felsar dans la falheiro
Falguèira, faugièra,
falhièra « fougère », mais aussi « fougeraie »
est le dérivé *filicaria indigène en
languedocien du latin filica "fougère".
Dans les parlers modernes nous trouvons assez souvent des formes comme
feuzyeiro « fougeraie » sous la pression du français.
Les mots ibéro-rmans, catalan falguera, espagnol helguera
ont gardé le sens « fougeraie ».
Le verbe falgar « défricher
une fougeraie » (Alibert) n'est pas
attesté dans le FEW.
Sur les nombreuses croyances populaires du pouvoir magique des fougères suivez le lien.

Fiesta « fête », emprunt récent de l’espagnol.
La forme languedocienne est festo du latin
festa. Cat., it. festa, allemand Fest, néerlandais feest,
anglais feast.
figueiroun
Chateau du Figaret à St-Hypolite-du Fort

De nombreux dérivés sont attestés dans les patois de
l’Aveyron, comme fissounenc
« piquant, mordant », fissounado « piqûre »,
fisso-lusèrp « petit
couteau pointu usé », fisou « aiguillon d’insecte »,
fissat « qui a bu un coup de trop », etc.
Le sens du latin fixare y
est conservé dans une attestation qui doit provenir de la région minière
de la Grande Combe .fisso « pierre noire feuilletée, de
la nature du charbon, sur laquelle on trouve des empreintes de plantes
fossiles, gardes de la houille » .

fisso
Pour ce sens Alibert s.v.fissa donne comme étymon latin fissus "fendu" part.passé de findere, mais cela est impossible pour une raison phonétique: latin fissus avec un -i- court se prononçait féssu déjà en latin vulgaire et a abouti à fesse.
Languedocien fouisset « fourche à manche
court » (Mistral)
se rattache à la même famille de mots, mais a subi l’influence
de foire « bêcher, piocher » du latin fodere
ou bien de fouissino
« sorte de trident » du lat. fuscina « fourche »
Mais Languedociens attention !Si au restaurant à Prades (66) vous
dites "Donnez-moi encore un floc" vous en aurez beaucoup!
mais dans le Nord Velay vous aurez une "touffe, ou un bouquet"
(NVelay)
Le mot floc « flocon » est devenu européen, il existe dans toutes les langues romanes, it.
fiocco catalan floc, port. froco et germaniques: allem. Flocke, néerl. vlok,
angl. Flock .
Floquet
« petit morceau de quelque
chose » dérivé de floc.


Flou, « fleur » (en parlant des plantes) du latin flos, floris, mot vivant dans toutes les langues romanes. Le sens « ce qu’il y a de mieux » a existé en ancien languedocien flor « farine », (XIIIe s.) mais ne se retrouve pas dans les patois modernes. Dans un Sirventès, intitulé De paraulas es grans mercatz , toujours d'actualité, Peire Cardinal, écrit à propos du bon et mauvais utilisateur de la parole:
E-l mals s'en va ab so mot mal,
E si res a bon, non li'n qual;
Que semblanz es a barutèl (tamis)
Que reten lo lach (le laid) e da-l bèl
E laissa en passar la flór.
E qui retenra lo peiór
De so qu'au dire, ieu entén
Qu'el laissara la flor per bren (le son. )
Vous trouverez le texte complet avec la traduction en francais
en suivant ce lien: Peire Cardinal
Par contre existe le mot flourado, « élite: ce qu’il
y a de meilleur ». Dérivé de flos qui
avait ce sens déjà en latin. Anglais flour "farine",
néerlandais bloem "fleur; farine'. Cf. aussi sanfloura,
flourat et flourié
ci-dessous.
Flouquejá « couper menu, déchiqueter », cf.floc.
Etymologie : dérivé du latin flos « fleur »
dont le sens « cendres » semble être limité à la région de St.
Etienne. Le transfert de sens de « fleur » vers « cendres »
a dû se faire par le sens intermédiaire «farine » comme dans fleur
de farine, quoique ce sens est absent en languedocien moderne.
Cf. pourtant sanfloura
et flou ci-dessus.
Dans l'Inventaire du chateau d'Hyeres de 1431 nous trouvons le texte suivant
avec une note de l'éditeur qui montre que la foganha est
bien la cuisine:
![]()
L'utlisation comme adjectif dans le Compoix
de Valleraugue : « et létage plus haut dautre
maison foguiere » (tome 1 179) doit être attribuée
à un style cadastral, mais il n'y a pas d'autres attestations à
ce que je sache.
cap foguier ou capfio
Fondron
« tablier » cf. fandaou

Texte et musique en même temps. Avec IE il faut autoriser le contenu
bloqué.
Forgnar "quitter le nid" est composé
de foras (dehors) + nidus +are. La forme donné
par Alibert n'est attestée nulle part d'après le FEW
(
A partir de nidus ont été formés aussi le verbe déniar, denizar "dénicher, abandonner son nid" < de + nidare (Creuse, Dordogne) et aniar, anizar "nicher, faire son nid, couver" et s'aniar, s'anizar "se nicher" < ad + nidare. Dans l'Aveyron le participe passé onià, oniqua, aniat apris le sens " affaibli par défaut de nourriture"; ce sens a dû naître sous l'influence d'un dérivé de nihil : (a)nequeriment "faiblesse par manque de nourriture" (FEW 7, 139b),Enfin dans l'Aveyron on a créé le verbe desonisà "dénicher" < de + ad + nidare , dans la Corrèze désanià (Thesoc) .
prêts à forgna, fournia, déniar, ou denizar.
Forrupa
"humer, sucer,.." voir Fourrupa



2) grogner, bouder. Il représente un verbe latin*fundiare, « fouiller la terre (en parlant du sanglier) ».
Dérivé
du latin fundus « fond ; terre ».
Le sens 1) est attesté à Nice et dans le dictionnaire d’Alibert
fonhar « pousser, cogner, soulever,
fouiller ». On le retrouve dans le Nord-est de la France et en Wallonie.
Le sens « bouder » est issu du premier par la comparaison d’un
animal qui fouille la terre aux joues gonflées d’une personne qui boude.
Fougner en fr.rég. (Lhubac).
Il se trouve en Normandie, Le
Maine, Poitou, Franche-Comté, en provençal et en est-languedocien :
par ex. Alès « faire grise mine », jusqu’en Velay et au Périgord,
mais pas en gascon. Alibert le mentionne comme languedocien sans localisation. Se fougner veut
dire "s'éviter" : "Toutefois à certaines
occasions... on se fougnait" (Domergue
p.161). Fougna
est à l’origine de nombreux dérivés comme fougnaire « boudeur »
et
Fougnarello
« ancienne danse provençale
mentionné par C.Brueys » (Mistral,
mais il m'est impossible de retrouver le passage exact). Un dérivé. de
fougna « bouder ». « La Fougnarello (“Boudeuse”)
paraît se rattacher au mythe de la Mort de l’Hiver
qui ressemble à l’Angrismène des Grecs et à la Fachée française
». (Christian Mandon ‘L’origine de l’arbre de mai’ A paraître).
Cette danse est exécutée en honneur de Vénus.

Coré d'Eutydichos dite "Boudeuse",
Il y a aussi un ballet dont Stravisky a composé la musique. Dans La Fâchée les acteurs dansent l’histoire d’une belle qui refuse les avances d’un amant. Quand, désespéré, il tente de se suicider, elle accourt et tout finit bien. L'histoire complète de cette danse se trouve dans le site : http://www.streetswing.com/histmain/z3angry.htm (en anglais).
Vu les liens étroits entre
la Provence et la Grèce avant l’arrivée des Romains, il est intéressant
de noter que cette danse provençale correspond à l’Angrismène une danse qui est toujours
très populaire en Grèce et cela depuis l’Antiquité.
Fougne-merde
« fouille-merde »
(Andolfi) cf. fougna.
D'autres formes avec h-, ch-, ou s- initiale. h- <
f- est l'évolution régulière en gascon. ch-
sous l'influence de l'espagnol. Ce groupe de mots a son correspondant
en espagnol churrupear " boire du vin en petite quantité
en le dégustant" et il est probablement d'origine onomatopéïque
et imite le bruit de quelqu'un qui aspire en buvant. Le f- initial
des formes occitanes provient peut-être de l'influence du verbe
fourrá "faire entrer". Voir encore Corominas
2,98
Néerlandais slurpen, allemand schlürfen, norvégien
slurpe,, anglais slurp (verbe) signifient tous "boire
en aspirant et faisant du bruit". Anglais slurp subst. "an
intake of food or drink with a noisy sucking sound". Le bruit est
essentiel!
Mon amie catalane m'écrit : Je suis le petit "débordement
"de bleu catalan ds ta carte, d' où petites divergences. exemple
::on dit xarrupar pour "siroter, siffler ( boire)"
Composé de France et -man. Le nom France ne désignait à l’origine que l’Ile de France,
opposé à Champagne, Picardie, etc. Plus tard avec l’extension du pouvoir
du roi, "tout le nord de la France" opposé à "Provence",
c-.à-.d. le pays d’oc, parfois jusqu’au 19e s. Le suffixe –man
fait penser à germ. -mann qui sert à nommer des peuples, mais dans
franciman il ne peut pas être une continuation directe. Il s’agit
plutôt d’une formation analogique à normand, flamand, allemand.
Fretado « volée
de coups », cf. freta
Frétadou, « amoureux qui se serrent de près » (Mathon),
frotadou « homme amoureux »(Andolfi).
Dans les dictionnaires 18e-20e s., on ne trouve
en pr. et lang. que les sens « torchon, essuie-main, frottoir ».
S’agit-il d’un néologisme sous l’influence du mot doux ? Cela
dépend bien sûr de la place de
l’accent tonique ! frétàdou ou frétadóu.Cf.
freta

Frïa « frotter » (Mathon) . Normalement latin fricare « frotter » aboutit à fregá(r) en occitan (cf. Alibert). Georges Mathon m'écrit à propos de ce mot : « Frïa avec une fille (rapports avec une file, gestes) » L’étymologie m’est inconnue. Frotter "on va frotter au grand-pont" (lieu de rencontre, garçons et filles, à l'abri du regard des adultes. Pourrait-il s'agir d'un mot gotique friïon "aimer une femme"?

Toutes ces expressions on un rapport avec la relation d'un
garçon avec une fille.Cela fait partie du langage courant utilisé
dans certains villages gardois (canton de Villeneuve).
Frigoulo « thym », du latin fericula un dérivé de ferus « sauvage ». Un mot typique pour la région autour du golfe de Lion, cf. catalan frigola, déjà en ancien occitan ferigola. Normalement fericula aurait dû aboutir à *fericla, mais c’est peut-être sous l’influence des moines qui s’occupaient beaucoup des plantes médicinales et du latin, que l’évolution de la forme a été ralentie. En lang. nous trouvons aussi le dérivé frigoulous « terre en friche rempli de thym ». Un autre dérivé, frigoulo, ou frigouleto désigne le « serpolet » qui est très proche du thym. Depuis le 16e siècle la férigoule se trouve dans des textes français mais toujours avec une référence au Midi, par ex. Pierre Larousse : « farigoule nom du thym dans le midi de la France ».Il y a beaucoup de noms de lieu, par ex. :

L'abbaye St. Michel de Frigoulet. Magnifique!
Une recette trouvé sur internet : « Fricassée de volaille au
pèbre d’ail et farigoule ». C’est devenu un nom de magasins,
restaurants etc.
Thym
serpolet 
Fruta, « frotter » surtout
dans l’expression « Aï
fruta ben for » (Math).
Le -u- sous l'inflience du français. Cf. freta.
Furo
« souris ». Le sens
attesté du lat. fur, furis est « voleur », mais
le fait que le dérivé latin furo, furonis
signifie « furet »,
nous permet de supposer que fur signifiait également
« furet ».Le furet est un putois domestiqué. Il
y a des élevages de furets! L’animal a été importé en Espagne
probablement venant d ‘Afrique pour la chasse au lapin et de là en
Pays d’Oc et en France. En occitan il y a deux formes : fura
« furet femelle », (aussi cat. fura) et le dér. furet.
En languedocien le sens de furo
a été transféré sur la « souris » et les dérivés
furé ou fureto désignent également une « (petite) souris ».
Spéciaux sont les dérivés entrefura « se dit du furet
lorsqu’il est enfermé dans un terrier par le lapin blessé qui bouche la
voie » dans l'Aveyron et furetéja « chasser au furet».
L’it. furetto, l’allemand Frettchen
et le néerl. fret ont été empruntés au français. En espagnol
hurón et pg. furão nous trouvons le type lat. furo,
furonis « furet » qui est également connu en
occitan depuis le moyen age : furon, furoun. Le verbe furenejar « puer »
(Alibert) est un autre dérivé
du lat. furonem. Le sens par contre est dû à une confusion entre le furet et le putois,
qui lúi répand une odeur infecte.
2
3
4
Il s'agit du sumac qui fournit une matière tincturale jaune et
qui est encore utilisé de nos jours pour ses excellentes qualités,
qui s'appelle RETAN-BLK-M
ou TSK
Voir aussi Falbe ci-dessus, et rodo
ou redoul

pistachier< >fustet.
1) A propos du mot fan.Voici un exemple d'une telle tablette trouvé en Calabre, de l'époque où on y parlait encore grec!

et une autre trouvé à Eyguieres (Bouche-du Rhône)!(source Wikipedia en anglais)

Si cette forme de magie vous intéresse, taper "defixio"
sous Google et vous trouverez une grande quantité de sites. La
defixio désigne le procédé par lequel on exécute la deuotio.
Il faut rattacher ce mot au verbe latin defigere (=
ficher,enfoncer, clouer) ; defigere nomina cera "transpercer
un nom écrit sur la cire (maudire qn)" Ovide.
Il s'agit d'un rite d'envoûtement très ancien connu des Egyptiens,
des Grecs et des Romains. L'instrument en est le plus souvent des
tablettes de plomb, roulées ou pliées et percées d'un ou plusieurs clous.
La maladresse des inscriptions et des tracés prouve que ces tablettes
étaient rédigées par tout un chacun, et souvent à la sauvette. De
même, le caractère stéréotypé des formules, accompagnant une langue
vulgaire remplie d'injures, traduit une tradition orale.
(Ma source: http://www.ac-versailles.fr/pedagogi/anti/magie/magie03.htm).