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Dictionnaire
Étymologique Occitan
Robert
A.Geuljans ©
ou HISTOIRES de MOTS OCCITANS
Toute information
complémentaire sur les formes, les sens et les localisations des
mots sera accueillie avec joie.
Contactez-moi!
E
Ebri, ebria "ivre" du latin ebrius "ivre". De nombreuse formes pour la voyelle initiale depuis l'ancien occitan: ibre, iure, ieure. Voir ebriago. Le TLF en suivant le FEW remarque que : "Les parlers gallo-romans préfèrent, comme le fr. pop. des mots plus expressifs.." Un coup d'oeil sur l'Atlas linguistique de l'occitan montre que cela vaut aussi pour l'occitan : acotrat, bandat, bombat, briat, choc, conflat, embriac, empegat, fin, fiolat, gris, ibronha, pete, pintat, plen, rede, sadol, tibat, tordos, torsut et je suis sûr que la liste est incomplète.
Ebriago "coriaria
myrtifolia" Voir Wikipedia.
L'espèce contient de la coriamyrtine, alcaloïde qui frappent
les moutons d'intoxication alcoolique lorsqu'ils les consomment.
Le nom vulgaire redoul désigne
aussi le sumac. Utilisation: Tanins: les grandes quantités de tanins
contenues dans cette plante l'ont fait utiliser pour le tannage des cuirs.
Les feuilles ont été utilisées pour peindre en noir.
Pigments: violet noir dans les fruits.
On cite leur utilisation au siècle dernier pour teinter le vin.
Question actuelle : est-il permis de teinter le vin, le rosé par
exemple? Voir Wikipedia.
Étymologie : ebriago vient du latin ebriacus
"ivre" un dérivé de ebrius "ivre".
Ancien occitan ebriac, embriac, ubriac. Occitan moderne embria
"ivre", embriaï, - aigo (Alès), e(m)bray,
b(e)ryac (Ariège), etc. Pour le languedocien est attesté
un embriaigo-cabro "lotier cornicule" (Wikipedia),
autrefois utilisé comme calmant et somnifère. Je pense que
la source du FEW a confondu cette plante avec le coriaria myrtifolia ou
redoul qui sert aussi pour le tannage.
Dérivés : ancien occitan abriaga "ivraie enivrante
"; occitan embriac, embriaga ; embriaigà
"enivrer".
Le nom a été transféré à d'autres plantes:
provençal embriaco "doronic", "centranthus
ruber", ubriagia "colchique" (Alpes-Mar.), ubriago
"fumeterre" (BduR) embrieiguas "sorte d'orchis"
(Montpellier). Je ne connais pas les raisons de ces transferts, mais je
pense que la plupart est toxique.
L'insertion d'un -m- ainsi que la
chute complète de la première syllabe et les variantes avec
i- (français) s'expliquent par le fait qu'il s'agit d'un e-
long dans une syllabe ouverte. Voir Ascoli, dans l'Archivio glottologico
3, p.442. Consultable grâce à l'université de Toronto
(globalisation !) http://www.archive.org/details/archivioglottolo03fireuoft
qui vous permet de consulter cette revue dans les bibliothèques canadiennes
et américaines!
Italien ubriaco "ivre", catalan embriac,
espagnol embriago, portugais embriagado, basque iraka,
iralka, libraka. A ma demande un visiteur qui connaît bien le
basque m'a répondu : Le basque ira(l)ka "ivraie"
est semble-t-il en effet un emprunt au gascon irague "id.",
lui-même du latin ebriaca. La variante roncalaise libraka
avec b suppose un autre intermédiaire roman pyrénéen
où le b de la forme latine a été conservé
(biraca ou quelque chose comme çà, très probablement
de l'aragonais).

ebriago? Cliquez sur l'image pour la réponse!
Efan "enfant", voir fan. Alibert donne ne donne que les formes enfant et efant. Orthographe étymologisant?
Egassier "conducteur des juments pour le dépiquage des céréales". En 1926 Vinas Gaston a publié "L'egassier (Le Gardeur de cavales)." Le mot est aussi devenu un nom de famille.Cf. egassieral dérivé de equa "jument".
Egassieral (nom d'une rue à Ste Valiere, Aude) egassiairal (stade à Narbonne).
L'egassiairal (Narbonne) sans juments.
Un visiteur m'a demandé ce que ce mot
pouvait signifier, même les anciens dans son village ne le savaient
pas. Voici ce que j'ai pu lui répondre:
"Bonjour!
Dans le Dictionnaire d'Alibert je trouve:
egassier "conducteur des juments pour le dépiquage"
, c'est à dire qu'autefois on se servait des juments pour faire sortir
le grain de l'épi en foulant les céréales." Il
y avait des troupeaux de juments egassada ou egatada pour
ce travail. Je pense que votre egassieral est un enclos ou un écurie
où se trouvaient ces bêtes. (Si vous trouvez une confirmation
de l'existence d'un tel endroit dans la rue en question, veuillez me tenir
au courant et si possible, me faire parvenir une photo pour que je puisse
l'insérer dans mon site.) Voilà c'est fait! avec en plus la
confirmation qu'il y avait bien un enclos ou une écurie pour les
juments et que la photo représent le portail muré!
mais les equae ont été remplacées.
Il s'agit d'un dérivé du latin equa "jument", mot devenu rare même dans les patois du Midi et remplacé par le mot français ou par caballa, mais conservé en catalan : egua, euga (DE)."
Eiris 'hérisson'.Un visiteur me demande comment écrire Deleris, son nom de famille, en occitan. Un problème ...épineux. Si je lui réponds que cela s'écrit comme cela se prononce, j'attire les foudres des "maîtres de la graphie classique", mais je serai à l'abri du mistral :
Mistral
:
Alibert
a une autre variante graphique : eiriç.
Etymologie :
le latin avait deux mots pour nommer l'hérisson : erinacius
et ericius. Seul le dernier a survécu dans
les langues romanes. En occitan ericius a abouti aux formes
données par Mistral. Nous n'avons pas d'attestations d'ericius
dans le domaine de la langue d'oïl, mais il a dû exister
vu le grand nombre de dérives directs comme ancien français
hericier 'dresser les cheveux' > français hérisser.
La forme eiris a subi une très forte pression de la langue
d'oïl qui avait crée très tôt un dérivé
avec le suffix -one : hérisson, qui l'a remplacé
presque partout, comme languedocien eirissoun (Mistral). Eiris
ne s'est maintenu que loin de Paris comme dans l'Aveyron. Voir la page
consacrée à l'histoire du mot tablier
pour comprendre le progrès du patois de l'Ile de France dans
le domaine galloroman.
Le transfert de sens à 'bogue de châtaigne' se trouve non
seulement en occitan et en franco-provençal, mais aussi en italien
et espagnol. Par la suite beaucoup d'outils ont pris le nom de hérisson.


Comme sobriquet urisson est attesté
depuis le moyen âge en dauphinois. Le passage d'un surnom à
nom propre est très courant. D'autre part j'ai trouvé dans
un dictionnaire étymologique des noms propres, que le nom Leiris
ou Leyritz viendrait d'un nom de lieu identique qu'on trouve
dans l'Ardèche, la Haute Loire, l'Hérault et la Lozère,
ce qui correpond à peu près de la géographie du mot
eiris. S'agit-il de notre eiris ou de Leyris qui signifie
'friche' d'après Pégorier? Mais je n'ai retrouvé ce
mot avec ce sens dans aucun patois.
Le nom de famille Leyris est le plus fréquent en Corrèze
et dans le Gard. Le nom Deleris dans le Tarn et l'Aveyron.
Embana dans des expressions comme bien embané, se faire embaner. cf.le site http://www.info-camargue.com/lexique-9_487.html Un des nombreux dérivés de bano "corne".
Embanasté, dans l'expression en fr.rég. se faire embanaster "se faire avoir"(Lhubac). Dérivé de banasto "nigaud"
Embriva « précipiter », cf. abrivado.
Empegar « poisser », s’empega cf. pegá
Encalá « faire échouer (un navire) » cf. calada
En de bados « en vain », ancien languedocien en bada(s) XIIIe s. ou de bade(s) “en vain” vient de l’Arabe batil “inutile, sans valeur ; en vain ». Le mot existe dans d'autres langues romanes : esp. balda « objet sans valeur », en balde « en vain », pg. de balde « sans succes », cat. de bades. Les formes occitanes montrent un emprunt au catalan.
Enco "cannelle, anche, bobine,
cannette, canule, robinet) " enco de bouto kë tiro "la
canelle d'un muid qui est en perce ou en vuidange" (S).
et son dérivé enkie "le trou de la canelle ou
de la fontaine d'un muid" (S). Voir encore les expressions à
la fin de l'article.
L'étymologie ne remonte pas très loin dans l'histoire.Les
premières attestations datent du XIVe siècle dans le Vaud,
Suisse. Elle n'est pas tout à fait la même que celle du français
anche: "Emprunte
à l'ancien bas francique. *ankya «canal de l'os
» (acien haut allemand ancha, ancho et encho «
jambe », d'où, en français, les sens de « conduit,
goulot, embouchure ». Pour l'ancien haut allemand , voir
le dictionnaire de Koebler, s.v. anka. Néerlandais enkel
"cheville" vient d'un dérivé de anka , ankala
"articulation". Plus de renseignements sur français
anche dans le TLF.
L'image montre qu'un bon bricoleur peut en faire une enco sans poblèmes.

La forme occitane et franco-provençale,
avec en- et non pas an-,ne peut pas avoir *ankja comme
origine. Le FEW explique cette
forme en supposant une origine burgonde pour le franco-provençal
et une origine gotique pour l'occitan :*inka. Dans ce cas
l'emprunt a dû se faire très tôt en franco-provençal
et en nord occitan, avant l'évolution ca > tch-, ch-
(VIIIe siècle).
Le mot a dû être employé régulièrement
en languedocien du XVIIIe siècle, puisque l'Abbé de Sauvages
donne plusieurs expressions comme ana coum' un' enco "aller
souvent à la selle"; et au figuré lou fai ana coum'un'enco
"il ne le ménage pas, il le fait charrier droit" (S2).
La forme encho ou inche "anche d'un hautbois" (S2) a été empruntée, au français (?). Il faudrait se lancer dans l'histoire des instruments de musique.
Ensucá(r), ensuquer
en fr.rég. « assommer » absent
d'Alibert dans son article suc
"sommet de montagne" . En ancien provençal
suc signifiait "sommet de la tête; occiput; nuque",
et une forme suca "tête,crâne" conservée
jusqu'à nos jours dans les composés ensucar littéralement
"frapper sur la tête", et supela , dans a lou
supela "il est chauve". Le FEW rattache notre suca à
l'italien zucca "courge; au fig. tête" et à
un groupe *tukka avec les sens 1) "courge"
: languedocien tuco "courge" (S2), tuquiè
"plante de courge"; 2) "tête" :
tucasso "grosse tête" (Béziers, M); languedocien
atuca "assommer" (S2);
3) "sommet, colline" tukó "hauteur, tumulus"
(Gers), languedocien tuqel "tertre, coupeau, sommet de montagne"
(S2). Cette famille de mots serait d'origine
pré-indoeuropéenne et fait donc partie d'un héritage
qui date d'avant l'arrivée des Celtes en Gaule. Vous vous rendez
compte? Cela m'ensuque!.
Pour ceux qui veulent approfondir ce sujet, il y a un article d'A.Dauzat
dans la Revue des Langues Romanes, t.66
(1929-1932)pp.66-73 : CUCC-, TUCC-, ZUCC-, suc "hauteur, montagne",
consultable grâce à Gallica! et pour ceux qui lisent l'allemand
le FEW 13/2, 399b*tukka.
Erm ; ermas, "friche, lande, désert"
Escach "morceau de terre " cf .cachá
Escachoun « petite partie non vendue d’une marchandise » cf. cachá
Escagassar, v.tr. "fienter avec effort" escagasser en fr. rég., v.r. s'escagassar "s'efforcer pour aller à la selle" est devenu français depuis 1902 voir le TLF. L'évolution sémantique en français vers 1.étonner, surprendre(??) 2. assassiner ; se battre, fatiguer ( http://www.languefrancaise.net/) ne m'est pas clair. Alibert donner: "écraser, aplatir". L'étymologie de la forme, latin ex + cacare ne pose pas de problèmes.
Le verbe escagassar était limité à l'ouest-provençal et l'est-languedocien. avec comme sens principal "s'accroupir". Louis Rouquier l'utilise pour dire "se pâmer de rire". Il a été introduit en français à l'aide de l'argot, probablement à partir de Marseille.
Cacare est une onomatopée qu'on trouve dans beaucoup de langues indo-européennes, catalan, espagnol, portugais cagar, allemand kacken, néerlandais kakken, etc. La forme française chier a perdu par l'évolution phonétique tout consonance onomatopéique, de sorte que dans le langage des enfants elle a été remplacée par caquer, caguer.
Escais I "sobriquet;
moquerie; morceau ou reste d'une
marchandise, coupon, échantillon" (Alibert mais attention!!les sens en vert appartiennent à escais 2 ci-dessous!).
Un lecteur habitant la "Rue des Escaïs" à Agde
m'a demandé l'étymologie de ce nom. Le sens le plus ancien
semble être "sobriquet" déjà attesté
par l'abbé de Sauvages : escainoun composé de escai
'moquerie' et noun 'nom' > 'sobriquet'ou 'surnom ou
nom de guerre'(S; M Autran). Alibert donne aussi
le verbe escaissar "déchirer,
rompre une branche d'un arbre, écuisser; donner un sobriquet;
se moquer, railler".
L'étymologie est le latin *capseum ' cavité buccale' une forme secondaire de capsus "caisse; intérieur
d'une voiture;cage pour les animaux sauvages" Ce sens est conservé en ancien occitan cas "caisson, ballot" et à Castres cals "sorte de volière". Latin capsus
avait aussi le sens " vessie destinée à recevoir
une farce" qui est à l'origine du sens "trou d'une aiguille
par lequel passe le fil" du mot ancien provençal cas (Arles
1400), conservé tel quel à Castres.
La forme *capseum désigne la "cavité buccale"
ou les "parois intérieures de la bouche", ce qui donné
en ancien occitan cais "machoire", conservé à
Puisserguier et dans l'Aveyron cais. Un dérivé caissal
signifie "dent molaire" (St.Andre
de Valborgne).. A partir du sens "machoire" s'est développé
en ancien occitan le sens "joue' , conservé dans l'Ariège
kèch. En ancien occitan existait l'expression far col
e cais "faire la moue, minauder". A partir d'une telle expression
a été créé le verbe escaisar "se
moquer de quelqu'un" > Puisserguier escaissà "donner
des surnoms". De ce verbe a été dérivé
le substantif escai(s) "moquerie, surnom, sobriquet".
Catalan queix "mâchoire" et espagnol quijada "joue"
appartiennent à la même famille de mots.
Escais II. La "Rue des Escaïs" cela peut éventuellement signifier "la rue des surnoms", mais pour en être sûr il faudra trouver quelqu'un qui connaît très bien l'histoire locale. Par contre "escais" signifie aussi " échantillon, coupon, morceau". Il faut corriger Alibert . Il ne s'agit pas d'un autre sens du même mot, mais d'un homonyme et homophone, comme vol (d'un oiseau) et vol (d'un truand) en français. L'histoire d' escais II"échantillon" est bien différente. Il vient du mot germanique *skalja "coquille", d'oeuf, d'escargot, de noix etc. qui existe encore dans pratiquement toutes les langues germaniques: néerlandais schil "pelure", anglais shell "coquille" et dans les langues romanes en italien et en francais: écaille. Le mot germanique *skalja avait déjà développé les sens 1) "éclat de bois ou de pierre" et 2)"morceau, rognure". Le premier est déjà attesté en ancien occitan; escalh "petit éclat" (vers1240) , escai "éclat de bois" en occitan moderne et des dérivés comme escalhar "fendre". Par contre le sens "morceau" qui est bien attesté pour les patois wallons et ceux du nord-est de la France, n'est pas attesté pour l'occitan en dehors du dictionnaire d'Alibert. Je pense par conséquent que la "Rue des Escaïs" à Agde tire son nom du premier sens ou même du sens "écaille" des poissons.
Escalièr "escalier" voir degré.
Escambarlat "qui a un pied dans chaque camp". est un mot utilisé par René Merle dans sa conférence donnée à la Société d'histoire moderne et contemporaine de Nîmes et du Gard, le 19 octobre 1991, intitulée Nimes et la langue d'Oc.

Voilà un mot qui serait bien utile dans les discussions politiques, mais qui n'existe pas en français. En France il faut choisir, (jambe) gauche ou droite. Escambarlat est en effet dérivé du latin camba, gamba "articulation entre le sabot et la jambe du cheval" qui a remplacé le latin classique crus dans presque toutes les langues romanes, à l'exclusion des langues ibéro-romanes et une partie du gascon qui l'ont remplacé par le type perna "cuisse des animaux, jambon", espagnol pierna 'jambe'. Camba a été emprunté au grec kampè 'articulation' d'abord par les vétérinaires. Ce mot montre clairement que le latin que nous parlons est une langue populaire.
Pour moi c'est pas pareil...
La répartition géographique des formes avec g- et c- est curieuse et je n'ai pas (encore) trouvé d' explication. La forme gamba se trouve en roumain, italien et la langue d'oïl, la forme avec c- en occitan, franco-provençal, rhetoroman. Serait-ce une influence du grec? Voir la page Petas à ce propos.
Camba 'jambe' a eu un riche développement (voir ce lien s.v. camba) en dérivés et composés. Escambarla ' enjamber' s'escambarla ' se mettre à califourchon, écarter les jambes', est limité à l'occitan et au franco-provençal; il est peut-être composé avec ou influencé par cabal 'cheval'. L'abbé de Sauvages ajoute qu'il est "indécent d'écarquiller les jambes en compagnie" et il ajoute l'adjectif escambarla 'libertin, celui qui est libre dans ses propos'. Le sens figuré que lui donne René Merle est déjà attesté en béarnais au XVIe siècle : escarlambat 'celui qui, pendant les guerres de religion, marchait avec les deux parties'.
"A Bouillargues, les gens avaient tendance à marcher les jambes écartées. Est-ce la pratique du cheval qui avait provoqué cette déformation générale, propre aux cavaliers, et cela parce quils utilisaient leurs chevaux de labour pour aller à la rencontre des taureaux lors des «abrivados» ? Ou bien, au temps des guerres de religion, jouaient-ils le double-jeu et avaient-ils un pied dans chaque camp ? Ou bien leur déformation était-elle congénitale ? Ou bien encore était-elle sortie de limagination de leurs voisins ? Quimporte, ils furent bel et bien «lis escambarla» ou jambes arquées." Tiré du livre de André BERNARDY «Les sobriquets collectifs (Gard et pays de langue dOc)» - AHP - Uzès. Et Jean-Marie Chauvet - Historique de la commune de Rodilhan.Lenga de Pelha Voir le site généalogique de Rodilhan.
deux escambarlats
Escampar "répandre, faire couler (du vin), distribuer", intransitif "jaillir"; escampa d'aigo "pisser". Ce verbe composé de ex + campus + are est attesté en occitan et en franco-provençal depuis le moyen âge. En ancien occitan un escapaire est un dissipateur. Quand on répand des solides dans des champs, on le jette en général; de là escampar "jeter, lancer" et s'escampar "s'élancer" verbe fréquemment utilisé dans la course camarguaise. A ne pas confondre avec l'italien scampare "échapper" provençal escampo "prétexte, échappatoire" d'un *excappare "échapper", influencé par notre escampar. Sur le web en occitan on trouve les deux significations pour s'escampar!
Escanar " étrangler,
étouffer ; resserrer, égorger ; crier à tue-tête
" n'a rien à voir avec le scanner, un mot anglais emprunté
au latin scandere " monter " et qui au 16e siècle
a été utilisé pour " scander des vers ".
En effet, les élèves frappaient de leurs mains ou de leurs
pieds à chaque syllabe accentuée pour en marquer le rythme.
Notre escanar est dérivé du substantif canna
" roseau, tuyau " que les Romains ont emprunté aux Grecs.
A partir du sens " tuyau " beaucoup d'autres se sont développés
: cheneau ; robinet, bobine ; cannelle ; occitan cano
mesure de longueur : 1.98 m (voir cet article); bâton et de là
jambes en argot ; cruche, cannette ; et celui qui nous concerne : "
trachée-artère " dans l'expression canne du poumon.
Ex + canna + are prend alors le sens de " achever de
tuer, un porc par exemple ; égorger ". Le mot est bien occitan,
attesté avec le sens "égorger" de la Val Soana jusqu'en
béarnais. Et dans notre région on aime les mots forts et expressifs
: A Alès par exemple s'escanà veut dire " travailler
dur, s'éreinter ".
canna
canne du poumon

escanada
Mathon
donne dans son site : escana "chapardé ", escana
"chaparder" et escanaïre "chapardeur"
.Ce sens est confirmé par un copain de Manduel. Mais je ne le trouve
dans aucun dictionnaire occitan. Par contre escana "dérober"
est attesté comme mot marseillais et dans des dictionnaires d'argot
depuis 1838.
Escandalh,
escandilh s.m.'peson; balance; étalon de poids et mesures;
jauge; sonde (maritime); mesure de capacité pour la chaux et l'huile'.
Un visiteur me pose la question suivante: "Je trouve à l'instant
un autre mot qui me pose problème : une quantité de chaux
dite "....un escandal de chaux? Merci! Et j'ai pu lui répondre:
Bonjour!
Escandal se trouve dans l'Alibert écrit escandalh , escandilh
avec le sens "peson, ...etc.". L'origine est le latin *scandaculum
du verbe scandere "monter, s'éléver; gravir".
*scandaculum n'est pas attesté en latin, mais dans
un texte de Genua en latin du moyen âge on trouve la forme scandaglium
avec le sens "sorte de mesure de capacité". On suppose
que l'évolution du sens de "monter" > "mesure de
capacité" est passé par l'utilisation de traits à
l'intérieur d'un tonneau , d'un vase , etc. qui permettaient de controler
les quantités. Le mot est indigène en occitan.
Le sens "balance" et plus spécialement une "balance
romaine avec un seul plateau" s'est pobablement développé
à partir de la montée rapide de ce plateau pendant l'utilisation.
Avec ce sens on le retrouve dans le Piemont.
En français le même étymon a abouti à échantillon
, mais c'est une autre histoire.
Escarraunhar "égratigner, écorcher la peau", fr.rég. escarougner. Dérive de carraunha (Alibert) ou corrouogno "charogne" qui représente un latin *caronia "appât,charogne" dérivé de carnem "chair". Les formes avec -rr- se trouvent en occitan, catalan carronya et espagnol carroña, probablement pour augmenter la valeur affective du mot qui est souvent utilisé comme injure. L'injure est même passé en néerlandais kreng "femme méchante; vieux "charogne", le k- s'explique par un emprunt aux parlers du nord-ouest (picard, normand).
![]()
Le sens "écorcher" qui vit surtout dans le Midi, s'est
développé à partir du sens "mal couper, déchirer
la viande; déchiqueter".
Escat «petit reste de tissu » cf. cachá
Escaucèl "l'outil qui sert à déchausser les pieds de vigne" cf descaucelar
Esclafidou
" seringue d'enfant en sureau"(Puisserguier);Place
des Esclafidous" "une placette à Nîmes",
L'Esclafidou "gazette de Colognac". Michel Massol,
auteur de "L'esclafidou et autres bélicoques" Nîmes,
Lacour, m'écrit: "Il
est évident que pour nous, habitants de Vauvert et de la région
bas gardoise, l'esclafidou était une arme d'enfant à
laquelle nous jouions encore dans les années 60. mais plus tard,
terminus...Ce n'était pas une sarbacane, mais une espèce de
pompe à vélo en sureau creusé et lorsqu'on emmanchait
une branche dans ce cylindre préalablement garni de 2 petites boules
provenant d'un micocoulier ( les bélicoques),
sous l'effet de la compression, l'une des 2 partait, projetée par
l'air ainsi comprimé dans un "pop" de bon aloi. L'arme
avait une portée d'une quinzaine de mètres et, à bout
portant, dans le lobe de l'oreille par exemple, ça faisait pas du
bien !!! Arme saisonnière par excellence (il fallait attendre que
le micocoulier veuille bien sortir ses fruits de la taille d'un petit pois),
elle a été abandonnée rapidement, de sorte que la génération
de mon petit frère (6 ans de moins que moi ne l'a pas utilisé
)."
Chasseur qui lance des projectiles d'argile sur les oiseaux avec un esclafidou.
" esclafi la parâoulo "articuler
distinctement" lou lià tout esclafi "il lui a tout
découvert" (S) et un
esclafidou est "une bonde d'un bassin d'une pièce d'eau",
la bonde étant un bouchon de bois d'après l'abbé
de Sauvages. Sous la forme esclafidor
Alibert donne aussi le sens
"canonnière de sureau". Le premier sens donné ci-dessus
doit être oublié puisque les enfants ne jouent plus à
cela, mais le nom de la placette à Nîmes doit faire référence
à une vanne et le nom de la gazette de Colognac témoigne d'un
esprit d'ouvert. Dans un texte d'Avignon de 1646 est attesté
la forme esclafadou avec le sens "mousquet".
A ma demande un rédacteur de l'Esclafidou de Colognac
m'a répondu: "Rue des Esclafidous se trouvait alors (dans
les anciens temps] une issue pour les eaux de la Fontaine qui, passant par
la place Belle-Croix et la Grand-rue, allaient se jeter dans les fossés
de la ville, à hauteur de la rue des Greffes, par le Castellum de
Morrocipio à la Porte des Eaux, ainsi que la écrit Albin
Michel, dans son livre « Nîmes et ses rues ». Si la rue
des Esclafidous a une histoire ancienne, la place des Esclafidous est autrement
plus récente. Elle est née sous la municipalité Bousquet,
de la démolition dimmeubles anciens qui menaçaient ruines,
dans lancienne rue jadis réservée aux teinturiers."

L'étymologie est une histoire ancienne
et compliquée parce qu'il s'agit de mots qui viennent
1)d'une onomatopée qu'on trouve dans les langues romanes et ouest-germaniques
: klapp qui signifie "coup, claque".De
cette onomatopée viennent des mots comme ancien occitan clap "clapet',
et clapar "frapper"; par métonymie ancien languedocien
clapa "tache"; français éclabousser. Voir
aussi le mot clapo "sonnaille"
et le lien vers néerlandais klappen "frapper, applaudir"/
le flamand klappen "parler, bavarder".
En allemand existe un groupe de mots avec des sens proche de "coup,
claque; bavarder etc." dont la base est une forme klaff,
voir
Grimm . Il n'est pas impossible que cette forme allemande
klaff soit à l'origine des mots franco-provençaux
et occitans comme esclafar "écraser, giffler qn"
et esclafir "éclater" et notre esclafidou.
2) Mais il est également possible qu'il
y a un lien avec la racine préromane klappa "pierre
plate" >"éclat de bois": esclapa "fendre
du bois" ancien languedocien esclapaire "bûcheron",
l' esclafidou étant un "bouchon en bois". Les dérivés
de l'onomatopée klaff et de la racine préromane
klappa ont souvent des sens très proches.
Français esclaffer a été emprunté à
l'occitan au début du XVIe s., la première attestation vient
de Rabelais.
Esclapaire « celui qui fabrique des sonnettes »,"fendeur de bois; crabier vert, ardea virida" (Alibert), en ancien languedocien "bûcheron"et en français régional "personne de malhabile qui casse tout" (And), qui donne aussi le verbe s'esclaper "se blesser aux membres". Dans la course camargaise un barricadier est un biou qui se déchaîne et esclape tout dans larène. Cf. clapo et esclapeta ci-dessous.
Ceci est "ardea purpurea" et non pas le "virida"
Esclapeta "petit éclat de bois; varicelle"; esclapeto "petite vérole volante" (S).

Etymologie : un dérivé" du verbe esclapar v.tr et intr. "briser en éclats, fendre du bois". Voir Alibert pour d'autres dérivés de la même racine onomatopéique *klapp "coup, claque" et par métonymie ( cause>effet)"tache".. clapar "frapper". ou bien de la racine préromane klappa "pierre plate" >"éclat de bois" Voir ci-dessus esclafidou. Cf. aussi clapo. Déjà en ancien languedocien (1370)on trouve le mot clapa "tache" et en ancien provençal (1300) clapat "tacheté".
Esclapo "grand quartier de bois". Etymologie comme esclapeta. L'abbé de Sauvages donne un sens qui semble perdu:.
aki
une bel esclapo de filio
voilà un beau brin de fille
Escoubo "balai" (S), escoba "balai; genêt" ainsi que les dérives comme escobar "balayer", escobadura "balayures", escobaire "balayeur" etc.viennent du latin scopae "balai" du singulier scopa "petite branche d'arbre, brindille", scoparius "balayeur", scopare "balayer". Le type escouba se trouve partout dans le Gard, excepté Avèze et Camprieux dans les Cévennes qui ont le type boladzo, baladzo, d'origine celtique, probablement gaulois *banatlo "genêt" (FEW I, 232b), que nous retrouvons dans l'Aveyron. En Lozère le type escoubo est pour la maison, et le type balag un balai grossier pour l'extérieur! Pour plus de détails voir l'Atlas linguistique du Languedoc oriental. s.v. balai.

Esfata, « défricher », cf.fataire.
Esfataire, « celui qui déchire, défriche » cf. fataire.
Esfougassa, « aplati » cf. fougasso
Espantar "épouvanter, surprendre, impressionner, étonner". Tu m'espante! en français régional. Espantar a la même étymologie que français épouvanter. Latin *expaventare qui n'est pas attesté mais qui a dû être formé très tôt en latin parlé puisqu'on le retrouve en italien spaventare, en catalan, espagnol et portugais espantar.Les formes espand, espantable ont également existé en ancien et moyen français :
Nouveau et important: Voir le Dictionnaire du Moyen Français (DMF) ! avec de nombreux exemples, des liens, bibliographie, les etyma, etc. Vous arriverez sur la page où la recherche se fait à partir d'un étymon. Pour *expaventare cliquez dans la première ligne sur E, dans la deuxième ligne sur X et dans la troisième sur P, ensuite choisissez *expaventare. Vous trouverez les 38 articles.
En occitan moderne et en français régional le sens s'est plus
ou moins affaibli par l' usure comme cela arrive souvent aux mots expressifs.
D'autre part espanter devient de plus en plus courant dans des blogs,
forums etc. Google en trouve 686 en 0.13 sec.
En occitan moderne on trouve à côté des formes espantar
des formes avec -v- : espaventá, espraventá, espabenta,
qui sont probablement refaits à partir du substantif espavent
"épouvantail". Voir aussi le Thésoc,
s.v. "épouvantail" pour l'ouest-occitan. En provençal
comme dans des localités du Gers, Haute-Garonne et des Hautes- Pyrénées
on trouve un autre dérivé en ale : espaventau.
Emprunté au français: breton spount et spoñtus
"épouvantable".

Espatarrar (s') "s'étendre de tout son long, écarquiller les jambes, se mettre à l'aise". s'espatarrer en français régional (Midi Libre juillet 2005). Alibert donne comme étymologie : Occitan es + pata + ar, mais sans spécifier de quelle pata il s'agit. En occitan il y a pata "patte" mais aussi pata "chiffon" et il n'ont pas la même étymologie. Je pense qu'il s'agit du second : pata "chiffon" qui fait partie d'une famille de mots vivant dans le nord de l'Italie, par exemple piémontais pata "chiffon", en rhétoroman ainsi que dans le sud-est du galloroman et en Lorraine.
Espeisses, Bois des - . Nom du poumon vert
et lieu de promenade
de Nîmes. Etymologie. La première mention date de 1144, d'après
le dictionnaire de Germer-Durand
: Divisia d'Espeissal. La graphie change au cours des siècles
: Devesia de Speissas en 1195 > Devesia de Espeissas en
1463 > Devois des Espeisses en 1671 > Les Espeisses
en 1704 > Bois des Espeisses sive Puech Mazel, Puech Mézel
en 1706.
Espeisses vient du latin spissus "épais,
touffu, gros"; utilisé comme substantif spissus prend
le sens "fourré, broussailles", synonyme de garrigue
dans notre région. Pégorier
donne Espesse "bois touffu" en ancien français.
Le Bois des Espeisses

Au Nord-ouest de la ville, à moins de deux kilomètres du centre,
ce site boisé de 83 hectares est considéré comme le
« poumon vert » de Nîmes. Quatre parcours découverte,
fléchés et balisés sont proposés aux promeneurs.
Cliquez!
Le mot Bois dans le nom actuel Bois des Espeisses a une histoire spéciale. Il ressort des différentes graphies, notamment la graphie devois qu'on l'a associé au mot bois. D'autant plus qu'en languedocien v et b sont confondus. Devois est une francisation de Devesia, étant donné que le -e- long latin devient -oi- en français. Divisia, devesia sont une latinisation de la forme occitane deveza "terrain réservé" (du latin defensum "interdiction",voir ci-dessous), que le premier copiste a compris comme ancien occitan deviza " division", dérivé d'un verbe *divisare "partager". Conclusion : une mauvaise interprétation au XII siècle du mot occitan Devese a abouti au nom actuel Bois des Espeisses.
Devèze, devèse; deveso, debes en Rouergue, defès en Périgord, est un toponyme très courant; voir par ex. pour le Gard Germer-Durand. Ancien occitan deveza signifie "terrain réservé". D'après Pégorier devèse s.f. "défens, réserve, jachère, friche" dans les noms de lieux. Dans l'Aude (cf. Thesoc) et le Cantal debezo "jachère", dans le Cahors debéso "pâturage". La forme féminine est limitée à l'occitan et désigne le plus souvent une jachère. L'étymon est latin defensum "interdiction" > ancien occitan deves. La devèse était une jachère, du terrain où le bétail ne pouvait paître qu'avant le labourage et qui lui était interdit après cette période de l'année.
.Puech Mazel, Puech Mézel. La remarque dans le Dictionnaire topographique du Gard, m'a poussé à jeter un coup d'oeil à ce nom : "Montagne commune de Nîmes, dans le bois des Espeisses. Première attestation date de 1144 : Medium leprosum c'est-à-dire le "domaine des lépreux", plus tard le Medium Mezel et depuis 1596 le Puech Mazel. A partir d'ici, c'est aux historiens de révéler l'histoire.
Espérá(r)
"patienter" espérer en fr.rég.(Camargue)
du latin sperare "attendre, s'attendre à".
Cette évolution sémantique s'est produite principalement dans
le Midi et plus spécialement dans le milieu des chasseurs, où
"attendre le gibier" est souvent synonyme de "patienter".
On n'y fait pas la chasse à courre (du verbe courrir!).
Être à l'espère "être à l'affût"
(Camargue), a l'espéro "à l'affût"(S);
espére étant le "lieu où on l'attend un gibier"(Camargue).
Dans la région d'Uzès un esperaire est devenu un "braconnier".
Grâce à Stendhal (Chartreuse, p.52) l'expression est
entrée dans le TLF
: "Il était presque nuit; il lui (Fabrice) semblait être
à l'espère, à la chasse de l'ours, dans la montagne
de la Tramezzina.." comme régional "Midi et Lyonnais".
Atger
donne le dicton : (écoutez
)
Cal bol de bel tens, cal qué l'espèré : "Celui
qui veut du beau temps doit l'attendre"
L'Esperou (Valleraugue, Mont Aigoual), était autrefois
un endroit où les chasseurs ou braconniers étaient à
l'affût, mais

maintenant c'est un endroit où les skieurs patientent au pied du téléphérique.

Espinchar "lorgner,
épier, observer, regarder du coin de l'oeil", espincher
en français régional. Etymologie : germanique, probablement
la forme franque *spehôn "épier, guetter,
regarder", croisé avec le représentant d'un autre mot
germanique, le verbe *wenkjan "chanceler" > occitan
guinchar "gauchir, pencher", ancien occitan far
ganchia " recourir à des subterfuges, refuser" (environ
1190).
NOUVEAU : Il y a maintenant des vidéos étymologiques
(!!!) e.a. espincher
sur le web!
Espinchar est limité au provençal et à l'est-languedocien.
D'après le Thesoc espinchar
"regarder", dans le Gard, l'Ardèche et la Lozère.
En francoprovençal nous le trouvons dans le Lyonnais et le Forez.
A Nîmes il est très vivant en fr.rég. Joanda, journaliste
à la Gazette de Nîmes, y
a consacré un paragraphe, où il écrit que le verbe
guinchar est un synonyme d'espinchar. D'après lui,
una espinchada est "un coup d'oeil rapide" et l'espincha
"la vue; les yeux".
Il y a un village Espinchal dans le Puy de Dôme.
Néerlandais spieken "copier" utlisé uniquement
dans le langage scolaire, où il faut regarder obliquement ! Français
epier, espion etc. voir TLF;
allemand spähen. Pour 30 autres langues suivez
ce lien.

Esquichar, « serrer, compresser », « déchirer » ou « broyer, écraser ». D’une racine préromane *skits ou *skitš une onomatopée qui imite le bruit de « déchirer » ou « faire jaillir un liquide par la pression ». Ancien occitan esquinsar ou esquisar « déchirer ». Pour des excplications détaillées voir: esquicher, esquisser, esquiver et anglais to squeeze . Esquicher devrait remplacer "to duck" dans le bridge. Une vidéo étymologique! sur Youtube.
En occitan moderne esquichà signifie aussi: "serrer": la preuve ci-dessous à Mons dans le Var:

Esquila "grelot, sonnette" En ancien français existait le mot eschele "sonnette, petite cloche" qui s'est maintenu dans des patois du nord de la Galloromania. En occitan, depuis les textes anciens, nous trouvons la forme esquila, et en languedocien eskînlo (S), esquillo, et les dérivés esquil "grelot" (Rouquier), esqui(n)lou "clochette". cf.Alibert

Le Nord et le Midi sont séparés par une région où
ni l'un ni l'autre sont présents. Pour des raisons d'ordre phonétique,
( e contre i), von Wartburg
suppose une origine franque pour les formes avec e : skella
qui exsite encore en allemand Schelle "sonnette",
néerlandais schellen "sonner", et l'adj. schel
"son aigu et désagréable" et qu'on retrouve
en Italie. D'autre part une forme gothique skilla serait
à l'origine des formes occitanes, catalanes et ibéro-romanes.
esquila pequeña
Mais ... gotique -i- aurait normalément dû aboutir à -e-. Le maintien du -i- pourrait s'expliquer par une influence onomatopéique, le son d'un grelot étant très aigu (Ronjat). Von Wartburg par contre préfère l'explication du -i- par l'influence des abbayes coptes. En copte la cloche s'appelle chkil, ou chkilkil. La forme esquila serait alors une trace linguistique de l'influence des abbayes égyptiennes sur le culte dans l'occident.

En effet il y a eu plusieurs abbayes coptes dans le Midi au IIIe et IVe
siècles. Dans un site de l'Eglise copte de France je trouve: "En
330, saint Jean Cassien érigea à Marseille deux monastères. Saint Aphrodyse
vint apporter d'Egypte la foi à Béziers. " et plus loin : Par l'intermédiaire
de saint Jean Cassien, la vie monastique occidentale a été très marquée
par les Pères du Désert et des usages liturgiques égyptiens sont probablement
à l'origine des anciens rites gallican et wisigothique.
Estavani « se pamer, s’évanouir » cf. tavan
Estoc Un visiteur m'écrit: : à Marseillan et ici, les locaux désignent la rive sud-est de la lagune de Thau en disant : les tocs. J'ignorent s'ils l'écrivent ainsi ou thoc. En français maritime classique on a appelé "étoc" un recif
J'ai pu lui répondre Dans le TLF
je trouve: E(S)TOC : SYLVIC. Coupe d'un bois qui n'en laisse rien subsister
(cf. coupe blanche). Synon. vx blanc-être.
Couper à blanc-étoc . Étymologie : un ancien francique
stok "souche, tronc d'arbre".
Mais le problème est que ce mot avec ce sens n'existe
nulle part en occitan. En occitan estoc désigne" un grand
bloc de bois sur lequel les serruriers et les forgerons fixent les pièces
qu'ils travaillent : Marseille estoq, Aix en Provence esto,
Lozère éstok etc. Ensuite j'ai trouvé à
Gap toc "pieu" et dans le Cantal estocado "pieux
de soutien dans un barrage", qui correspondent à un ancien français
estoc "poteau, pieu". Alibert
donne estoc "étau" , mais il n'y a aucune confirmation
dans les dictionnaires occitans.
Pour être sûr, il me faudrait une photo de la rive sud de la
lagune, peut-être même une ancienne photo pour voir s'il y a(vait)
des estocs.
Estirgonhá, "tirailler, étirer" et estrigoussá. Une étymologie assez compliquée. D'après le FEW il s'agit d'un mot composé de es- + tir- + gonhá. Il est attesté en languedocien, en gascon ainsi qu'en catalan: estireganyar "déformer quelque chose en l'étirant" . L'abbé de Sauvage donne en plus les formes estrigoussa ou trigoussa et les sens "traîner; tirer par les habits ou par les bras".
L'élément
es- de estirgonha ou estrigongha a été
ajouté par un croisement avec le verbe trigoussá, estrigoussá
"tiraller quelqu'un, secouer avec violence" un dérivé
du latin tricare "susciter des embarras, créer
des difficultés" d'un latin classique tricari
qui est resté en occitan trigar "tarder, se faire
attendre".Catalan: estiregassar "estirar violentament
alguna cosa per fer-la seguir, allangar-la, arrencar-la" (DE)
L'élément -tir- vient de tirá
"tirer" un mot dont l'étymologie a été
longuement discutée et qui semble venir du latin martyrium
"tombeau d'un saint; mort ou tourments endurés pour la religion
chrétienne". La torture la plus courante au moyen âge
était justement d'étirer le condamné. Le bourreau
s'appelait en ancien fr. tirant du latin tyrannus.
Le verbe tirá doit être très ancien parce qu'on
le trouve dans toutes les langues romanes.
Estivenques, « escargot d’été, eobania vermiculata ». Dér. du lat. aestivus « qui a rapport à l’été », avec le suffixe –incu. Ces petite bêtes ont différents noms dans le Midi. J'en ai fait une petite excursion
Estrigoussá "tiraller " cf. estirgonhá