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Dictionnaire
Étymologique Occitan
Robert
A.Geuljans ©
ou HISTOIRES de MOTS OCCITANS
Capitelles et bories
Il existe un site internet magnifique intitulé
LES
NOMS DES CABANES EN PIERRE SECHE
dont les photos et les définitions ci-dessous:
très
fourni et bien documenté qui donne tous les noms de ces bâtiments en France.
Pour notre département il en mentionne une demi-douzaine ( en rouge) :
A Sommières, à Uzès et dans le massif des gorges du Gardon dans le Gard,
à Gigean dans l'Hérault, le sens s’est spécialisé pour désigner ce qu’à
Nîmes nous appelons les « capitelles »
Dans d’autres régions la
cabane désigne d’autres bâtiments, par exemple
une grande ferme en Vendée, une grotte
pour le fromage en Aveyron (cobono), le feu de St Jean en
Franche Comté (parce que le tas de bois fait pour le feu ressemble à une
cabane, en provençal cabaneu), et en provençal cabano
deis magnans petite cabane de
thym de bruyère et autres arbustes
que l’on dresse dans les ateliers de vers à soie
où celui-ci va faire son cocon.
baraque (avec
un seul "r") (f) : francisation de l'occitan barraca, ce
terme est employé pour désigner les cabanes en pierre sèche à Villeveyrac
dans l'Hérault mais aussi dans le haut
Vidourle (Gard);
baracou (m)
: francisation de l'occitan barracon, ce diminutif de barraca
(littéralement "petite baraque") est appliqué aux cabanes en pierre
sèche des causses de Blandas et de Campestre (Gard) et à celles de
la commune de Saint-Félix-de-l'Héras dans le Larzac héraultais;
capitelle (f)
(l'orthographe capitèle est des plus rares) : cette forme francisée
de l'occitan capitèl (masc.), employée en Ardèche, ou de capitèla
(fém.), employé dans les garrigues du Gard, est attestée dès 1620 (sous
la forme "cappitelle") en français notarial à Nîmes, où il désigne
une cabane de vigne; propagé par les érudits gardois et ardéchois du 20e
siècle, "capitelle" a connu un franc succès et une grande
diffusion, supplantant totalement ou partiellement les vocables vernaculaires
dans d'autres régions (ainsi dans les Pyrénées-Orientales, dans l'Hérault
et dans l'Aude) et même tendant à prendre le sens générique de "cabane
de pierre sèche" dans l'ensemble du Languedoc-Roussillon;
Latin tardif capitellum, un diminutif de caput « tête », signifie « chapiteau d’une colonne » et « téton » ( le français a fait la même comparaison plus tard, voir sous testa). Mais on est resté conscient que c’était un diminutif de caput qui signifiait aussi « chef, maître ». Ainsi nous trouvons en ancien occitan capdel avec le sens « chef, commandant, seigneur, maître, etc », cf. espagnol caudillo. Au XVe siècle, il y avait dans l’armée du roi beaucoup d’officiers d’origine gasconne, notamment les fils qui étaient nés après le premier dans les familles nobles et à la cour ils étaient désignés avec la prononciation gasconne comme des cadets.
Au XIIe siècle capitellum a été de nouveau emprunté au latin avec le sens « chapiteau », en ancien occitan capitel et à partir de ce sens, d’autres significations comme toiture d’un auvent, porche d’une église, petit hangar et même couvercle d’un pot, se sont développées. Ce que ces significations ont en commun c’est la forme arrondi du haut, du toit etc. Et nous voilà arrivé aux CAPITELLES nîmoises 1620 d’après Lassure, également attesté dans la région de St.Etienne. Le mot capitelles a eu un grand succès dans tout le Languedoc-Roussillon grâce aux érudits gardois et ardéchois au XXe siècle, tout en supplantant les mots locaux.
Capitellum est également à l’origine du mot cadeau mais c’est une autre histoire
oustalet (m) : forme francisée de l'occitan ostalet, diminutif de ostal, "maison", ce terme désigne la cabane en pierre sèche dans les Cévennes gardoises et dans l'Hérault à Saint-Jean-de-Buèges
borie (f) : francisation du terme provençal bóri (masculin), employé au 19e siècle uniquement dans le sens péjoratif de "masure", de "cahute" (comme l'indique Frederic Mistral dans son Tresor doû Felibrige) après avoir désigné une "ferme" aux 17e et 18e siècles (ainsi que l'attestent la toponymie et les documents d'archives), le mot borie, pris dans l'acception nouvelle de "cabane en pierre sèche", a été popularisé par certains archéomanes provençaux de la 2e moitié du 19e et du début du 20e, pour habiller archéologiquement un objet d'étude purement ethnologique et par trop contemporain; ce contresens, qui réserve aux vestiges de l'habitat rural saisonnier ou temporaire une appellation qui ne s'appliquait qu'à l'habitation permanente, a été repris par Pierre Desaulle dans les années 1960 avec son livre "Les bories de Vaucluse" (3), par Pierre Viala dans les années 1970 avec son musée de plein air "Le village des bories" (4) et enfin par le Parc du Luberon dans les années 1990 avec son livre touristique "Bories" (5); la vogue du terme a même gagné le Périgord dans les années 1970, non sans y entrer en conflit avec l'acception d' "exploitation rurale", de "ferme isolée" auquel ce mot était cantonné jusque là dans cette région;
Etymologie voir boria
tine (f) : francisation de l'occitan tina, nom donné, dans la garrigue de Nîmes (Gard), au cuvier en maçonnerie couvert par une voûte auto-clavée servant d'entrepôt provisoire de la vendange ou de la récolte à olives Voir le mot tina