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Dictionnaire Étymologique Occitan
Robert
A.Geuljans ©
HISTOIRES de MOTS OCCITANS
Toute information complémentaire sur les
formes, les sens et les localisations des mots sera accueillie avec
joie.
A
Abadalhar v.tr et v.r. "(s')ouvrir, faire bailler", voir badar.
Abadia "abbaye".. A Manduel il y a le Chemin de l'ABADIE. Comme la plaque est écrite en majuscules, j'avais un problème de la place de l'accent tonique. Pour moi il s'agissait manifestement d'une francisation du mot occitan abadia "abbaye", du latin abbatia. Mais mon informateur pour Manduel, m'écrit: "Abadié (en provençal), abadiè (en languedocien), ...A Manduel on prononce abadié, le contraire est aussi de pratique courante: beaucoup de noms se terminant par è sont prononcés é." Je pense que la majorité des Manduellois prononcent abadí comme ferait un Français. Cela reste à vérifier.
Petit problème : il n'y a jamais eu d'abbaye
à Manduel.... Il pourrait bien s'agir d'une mauvaise francisation
de l'abadier dérivé du verbe badar 'être
ouvert' , français béer. Voir le verbe badar.
D'après Mistral Badier est aussi un nom de famille provençal
du latin baderius 'appariteur' , . Un sujet à approfondir.
Abajanir,v.tr. et v.r. "affaiblir; affadir l'estomac en parlant de crudités" cf. bajana
Abasanir, v.tr. et v.r. cf. basana.
Abelhana,
abélïano,
s.f.
« mélisse, citronnelle »,
est un dérivé du latin apicula
« petite abeille » > abelha "abeille" (P).
A Manduel:
en transcription phonétique. (Thesoc).
La raison de cette dénomination est que cette plante est recherchée
par les abeilles. En latin, il y a un dérivé analogue de apis
"abeille" : apiastrum « mélisse ».
D'ailleurs le mot mélisse vient du grec et signifie également abeille.
Attesté à Alès, Castres, Périgord, Gers et HGaronne.
Le guêpier, abelhièr,
abelhòla ou avec aphérèse
beïola (Hérault), appelé ainsi parce qu'il se nourrit
principalement d'abeilles et de guêpes.
 
 
Abes m.pl. "balles de blé
ou d'autres céréales" (St-Pons, Capestang), abets
(Aude, Toulouse), a(w)ets (Hte-Haronne). L'accent est sur le
a-. L'origine est un mot latin apex "sommet, pointe,
tout objet de forme conique". Les attestations sont relativement rares,
une vingtaine, et étendues sur une région qui va de l'Hérault
au Gers, auquelles s'ajoutent probablement(1)
les mots basques abotz "criblures" et agotz
"balle de blé".
Je me demande toujours comment c'est possible qu'un tel mot latin avec un
sens très spécifique a été transmis de génération
en génération pendant 20 siècles, dans des villages
qui sont tellement éloignés les uns des autres.
Le mot apex a été réintroduit dans le
milieu des paleontologues pour désigner le sommet des coquilles de
certains fossiles, comme les ammonites.
Abrigar,
abriga,
1.v.tr. « abriter » généralisation du
verbe latin apricare « chauffer au soleil »
et au figuré "réchauffer quelqu'un sous son toit et à
sa table".Dans l'expression abriga un ëfan "choyer,
mitonner un enfant" (S) le
sens est encore tout près de celui du verbe latin. 2. Depuis
ca.1200 existe le verbe réfléchi s’abrigar ou s’abriar
« se mettre à l’abri ».Le glissement de sens vers « (se)
protéger » est commun à toutes les langues romanes.
La forme de l'ancien occitan abriar, abrigar « couvrir, vêtir » a été formé à partir du substantif abri,
abric (Thesoc), comme
fr. abriter de abrit.
Abrivada,
abrivado
« fête traditionnelle camarguaise pendant laquelle les taureaux sont
amenés aux arènes ;
et : "poisson d’avril".
L'abbé de Sauvages donne comme sens: "élan, ou mouvement subit avec effort de celui qui saute ou qui court", mais le prieur Seguier connaît à la même époque le sens « attaper quelqu’un le 1er avril » (SeguierI f.90r qui conjugue: l'ant abbriva; s'est laissa abbriva; l'abbriveront; vous abbrivara) et pour lui l’abrivado est un « poisson d’avril ». Pour Louis Rouquier (2e moitié 19e siècle) l' abrivado est une "farce"(Rouquier1).
Abrivado est
un dérivé du gaulois *brivos « force,
courage, vivacité », attesté dans les langues celtiques et en ancien
occitan briu « impétuosité, empressement ; valeur, force ; court
espace de temps ; attaque » et languedocien briou « espace
de temps », Aveyron brieu « espace de temps assez long »
ou briu « étendue, espace », Manduel em briou « longtemps ». Le verbe ancien occitan
abriva, ou s’abriva signifie
« (se) hâter, (s’)élancer ».
En provençal de Barcelonnette
le sens s'est spécialisé: abriva "goulu"
et le verbe s'abrivar "se jeter brusquement sur quelque chose
, sur des aliments en particulier."
La tradition camarguaise qui veut que « certains jeunes font tout ce
qu’ils peuvent pour écarter les chevaux afin de voir s’échapper les taureaux
; tout ou presque est permis : jet de farine, feu, pétards, banderoles sortent
de nulle part pour essayer d’effrayer les chevaux », se rattache bien
au sens «mouvement subit " et " poisson d’avril ".
Dans la Notice
des Travaux de l'Académie du Gard pendant l'année 1807 (!!)
numérisé par Google, j'ai trouvé une description en
vers par Madame
Verdier de la Course Camargaise. C'est très amusant à lire.
Cliquez sur l'image.![]()
La famille de mots
*brivos est bien implantée dans le Midi, (cf. Alibert,
s.v. abrivar et briu
pour les sens et les nombreux dérivés). Français, espagnol,
portugais et italien brio sont empruntés à l’occitan. Les patois
d’oïl ont surtout repris le verbe abriver, embruer « lancer,
mettre en train ».
   Par hasard je suis tombé sur le site www.herodote.net
qui explique le pourquoi des " poissons d'avril " : Depuis près
d'un demi millénaire, le 1er avril donne lieu en France et dans quelques
autres pays à d'aimables farces surtout pratiquées par les
enfants et leurs parents. Cette tradition semble remonter au roi Charles
IX. Avant lui, en France, l'année calendaire commençait le
25 mars et, de ce jour jusqu'au 1er avril, les Français avaient coutume
de se faire des cadeaux pour célébrer le passage à
l'année nouvelle. Par l'édit de Roussillon du 9 août
1564, le roi de France décida de reporter le début de l'année
au 1er janvier, sans doute pour s'aligner sur les pays voisins. Cette décision
fut généralisée à l'ensemble des pays catholiques
en 1582 par la papauté.
En souvenir des temps anciens, les Français n'en continuèrent
pas moins à se faire des cadeaux "pour rire" à
l'occasion du 1er avril. Comme le 1er avril coïncidait aussi avec la
fermeture de la pêche, la période étant réservée
au frai, des plaisantins auraient eu la bonne idée de lancer dans
les rivières des harengs pour tromper l'impatience des pêcheurs
d'eau douce ! De là, croit-on, l'origine des "poissons d'avril".
   Mais il y a d'autres explications : " On appelle Poisson
d'Avril, un poisson de figure longue & menuë dont on fait une pesche
fort abondante en cette saison, qu'on nomme autrement Maquereau : &
parce qu'on appelle du même nom les entremetteurs des amours illicites,
cela est cause qu'on nomme aussi ces gens-là Poissons d'Avril. "
(Dictionnaire d'Antoine Furetière (1690.)
-ac
suffixe d'origine gauloise. Le mieux que je puisse faire est de citer:
Walter von Wartburg, Evolution et structure de la langue française.
6e éd., Berne, 1962. Page 24:
"Le type le plus caractéristique pour la Gaule c'est celui des
noms en -ac dans le Midi, en -ai ou en -i
dans le Nord. Juillac, Savignac; Juilly, Savigny: -ich
en allemand Jülich; , -ik au Limbourg (NL) Blerik,
Melik.
Le suffixe gaulois -acus exprimait, à l'origine, de
façon assez générale, appartenance. On l'ajoutait p.
ex. à des noms d'arbres pour désigner une forêt composée
de telle espèce d'arbres, p. ex. Betulacum, de betula
'bouleau. Par la suite il fut employé aussi pour dénommer
une propriété rurale d'après son possesseur: Brennacus,
d'après le nom d'homme gaulois Brennos. Cette formation
fut en vogue particulièrement sous la domination romaine. Voilà
pourquoi la plupart des noms de lieux en -ac, en -ai et en
-y contiennent dans le radical un nom de personne romain. Rien ne
montre mieux l'amalgame des deux éléments en présence,
le latin et le gaulois. Aurillac et Orly sont donc des propriétés
d'un certain Aurelius: fundus Aureliacus. Beaucoup de nobles
gaulois prenaient des noms romains; il est donc à peu près
impossible de faire le tri des établissements d'origine gauloise
et des fondations romaines dans l'ensemble de ces localités."
Acabar, v.tr. et intr. « finir » est dérivé du latin caput « tête », et au figuré : "bout, extrémité". En ancien occitan issir a cap " venir à une fin". Acabar comme français achever, a probablement déjà été formé en latin tardif. Voir également d'autres dérivés de caput : capitelle, ocobaïre "dissipateur, prodigue", capejar et caput
Acalar 1. v.tr. « abriter, tasser , apaiser » en provençal; v.tr."abriter, héberger" 2.v.r. "se calmer (vent)" (NVelay).cf. calanca.
Acampar, v.tr. « ramasser, cueillir », en français .régional acamper (Lhubac) est un dérivé limité au provençal et languedocien du latin ad + campus « champ ». Provençal (s’)acampa « (se) réunir ». Dans la Camargue c'est le " rassemblement de la manade dans les marais. Les gardians doivent cerner les taureaux qui sont éparpillés dans le marais et qui essaient d'échapper à leurs poursuivants. Conduite de la manade pour le tri." (Lexique camarguais). A Toulouse ce verbe a pris le sens contraire « mettre en fuite » à partir du sens « mettre le bétail dans les champs ». Le préfixe ad- rend les verbes transitifs ou ajoute au sens du radical la notion d’approche ou de direction (Alibert, p.39).


Ces deux significations se retrouvent dans le grec kanthos, mais il semble que le grec a emrpunté le mot au latin. Peut-être y a-t-il un lien avec le mot breton kant "cercle". Mais Quintilien écrit que c'est en Afrique ou en Espagne qu'on appelle la bande de fer autour d'une roue cantus. Il y a peu d'attestations de cant(h)us et le mot pourrait être d’origine préromane.
D'après le TLF qui cite le Thesaurus Linguae Latinae, le mot est celte : "Du lat. canthus « bande de fer qui entoure la roue » prob. d'orig. celt. plutôt qu'esp. ou africaine comme l'indique Quintilien (Inst., 1, 5, 8 ds TLL s.v., 282, 83)." Je ne peux pas consulter le TLL, si quelqu'un a la possibilité, contactez moi.
Le passage du premier sens vers « côté, le côté le plus étroit d’une planche » qui est conservé en ancien occitan can « côté, bord » comme en français de chant, et à Pézenas de cantels « posé de chant » est facile à comprendre, surtout si vous pensez à des roues pleines. Ce sens a été conservé en italien, espagnol et portugais canto, et dans les langues germaniques : le néerlandais kant "côté, bord; dentelle", l'allemand Kante et l'anglais cant " côté; bord; angle"qui n'ont pas été empruntés au français mais à un des dialectes du nord de la France, normand, picard ou flamand. (Voir L'Introduction pour l'évolution du c suivi de a ). Sur l'histoire de ces mots dans les langues germaniques voir par exemple le dictionnaire des frères Grimm sur le site http://www.dwb.uni-trier.de/index.html ou cherchez pour l'anglais le site de "The American Heritage Dictionary of the English Language".
Le français décanter, attesté depuis 1690 seulement a probablement été formé sur le latin des alchimistes decantare. La forme régulière se trouve dans le mot chant, le chant d'une brique, d'un livre, une scie à chantourner etc. attestée depuis 1155.
A partir du sens « côté étroit », s’est développé en occitan le sens « angle, coin (surtout en parlant d’une maison, d’une rue) » que nous retrouvons dans de nombreux dérivés : ancien occitan canton "coin" (12e s.), languedocien cantou « coin », ancien lang. cantonier « pierre qui lie deux murailles à l’angle » (Millau 1415), Aveyron contounat « ce qui est entassé dans un coin », recantoun, ricantoun "petit réduit dans une habitation" (Andolfi) et provençal /lang. acantouna « garder le coin du feu, se blottir dans un coin ». L'abbé de Sauvages donne cap de cantou "coin de rue".
Antoine Bigot, le poète et conteur nîmois:
S'assétè ou cantoun dou fiô,
Pér nous ésclarci la visto, ...(Voir le site de Georges Mathon http://www.nimausensis.com/Patois/LaFontaine1.htm pour le texte complet.)
A Montpezat un canton est une "pierre d'angle" , comme en témoigne l'adage "Per un bon maçon toti li pèiras fan canton". Une variante à Valleraugue (30570): Sap y faïre, touto peiro li fo contou"A partir de « angle d’une rue » nous arrivons à languedocien . cantoú « carrefour » et trescantou « carrefour de 3 rues ».
La Place des Treize Cantons à Marseille est un trescantou, dont le nom a été mal compris et mal traduit..

routes par « canton » dans le Languedoc et que ce système avec le mot a été ensuite adopté dans la capitale et la langue française. La proposition de loi qui divise la France en cantons (appelés vigueries jusqu'à cette date), a été faite en 1790 par Sieyès, un Provençal. Le seul doute qui subsiste c’est que les mots français n’apparaissent que bien plus tard dans les dictionnaires.
Allemand Kanton,vient de l'italien de Lombardie cantone à travers la Suisse.
Le mot néerlandais kanton a une autre histoire: Pendant l'occupation française des Pays Bas et de la Belgique à partir de 1795 et l'annexation pure et simple de 1810 à 1813,
    
L'empire français en 1812 et le roi Lodewijk Napoleon, qui a néerlandisé
son nom
la répartition administrative française y
a été imposée, notamment les départements,
arrondissements, cantons et communes. Cette répartition
est partiellement maintenue aux Pays Bas jusqu'à nos jours :
1)dans le domaine de la justice où nous trouvons des kantons
et des kantonrechters littéralement "juge du canton",
et des arrondissements et des arrondissementsrechtbank
littéralement "cours de justice de l'arrondissment".
2) au niveau des communes et des circonscriptions de l'entretien des eaux
et des digues, le nom kantonnier est encore utilisé dans
certains endroits, pour le responsable de l'entretien des routes , ou
des digues etc. Dans le patois de Maastricht par exemple un kanton
est un partie d'une route, d'environ 5 km et un kantonneer c'est
celui qui a la pelle et le balais à la main et doit l'entretenir
En Belgique par contre, l'organisation adminitrative en cantons, arrondissments etc. a été maintenue dans beaucoup d'autres domaines.
Acaptar,
acatá 1.v.tr. ' ranger, couvrir '. 2.
v.r. 'se baisser, s’accroupir, se tenir coi'. Pour des raisons phonétiques
von Wartburg suppose une forme latine
*coactitare « presser, serrer » à l’origine des formes
occitanes et franco-provençales avec un –t-, comme p.ex. Lozère
cata « couvrir » et acata « couvrir »
attesté à Avignon. au XVIe siècle, languedocien acaptage,
acatage « couverture », « vêtements d’hiver ».
A St.André de Valborgne le catage s. m.sg. est "l'édredon".(.ALLOr-1023A).
A Manduel, on invitait il n'y a pas si longtemps quelqu’un
qui sonnait à la porte ainsi : « achevez d’entrer, enlevez les
acatages et remettez-vous ». (Manduel)
A la même famille appartient le mot recaptar,
recatá « ramasser quelque chose qui traîne ».
Le sens du verbe réfléchi se recatá 's’endimancher;
se marier'(Manduel) n'a rien
à voir avec le sens du verbe transitif! ! mais est lié au
sens 'vêtements' du mot acatage
En français régional nous trouvons récate "provision
de bouche; plat de résistance" que Lhubac
explique ainsi : "ce qui a été mis de côté
par précaution", et que nous retrouvons en ancien occitan
recatar « cacher » (Avignon, 1465); recata (Manduel),
lang. recate « économie, soin », et Millau cato-musso
' colin-maillard ' proviennent tous d'un sens "mettre de
côté".
Est-ce que Gignac récaté "être mort"
(Lhubac) s'est développé
à partir du sens "couvrir"?
Le sens « se tapir comme un chat » (Andolfi)
me semble de l’étymologie populaire en
le rapprochant du mot cat « chat »).Cf. cachá
A la même famille de mots appartient Acapta,
acato "terme de maçon; pierre de couronnement,
celles qui forment le cordon d'un mur de clôture ou de terrasse; on
le fait avec de grandes et larges pierres surtout pour affermir des murs
en pierre sèche" (abbé
de Sauvages). C'est la pierre qui couvre. Dérivé
du verbe acatá.

Dans le nord de la France dominent les formes provenant d’un *coacticare. Voir aussi languedocien cachá « serrer ; casser en serrant ».
Aclapar, aclapá « couvrir
de pierraille » cf. clapas.
Par analogie avec la forme de ces excroissances et sous l'influence du mot câouquïo "coquille" du latin conchylium, coccum a pris les sens " baie, noix, oeuf, coquille de la noix", et tout ce qui y ressemble comme languedocien coucou "bouton de rose" ou "oronge (un autre mot français d'origine occitane) en boule, non encore développé" ou "cocon du ver à soie", coquo "châtaigne". En languedocien a été créé un diminutif couquel "flocon, grumeau; petit enfant; femme mal mise", le verbe couquelá "mettre en grumeaux" et s'acouqueli "se mettre en grumeaux".
Afanar (s'),
afaná (s'), afanamar (s')(M)
« se fatiguer », "se hâter" (s'afana sens jamais entancha lou
trabal Rouquier2 p.9),comme
fr. ahan
Affenacé "ensemencé en pré" dans le Compoix de Valleraugue 1625: " Pièce du long du Vallat arrosable nouvellement affenacé contenant pred " . Provençal afenassa " ensemencer un champ en pré " Marseille afenassar, languedocien afénassa déjà chez l'abbé de Sauvages 1756 sont dérivés du latin fenum 'foin'. L'attestation du Compoix de Valleraugue est la première ! Le -e final pour le participe passé est bien sûr une francisation.
Ce n'est pas la même chose que français affener. (afenar
et ses dérivés en languedocien, voir Alibert.)
également dérivé du latin fenum. En occitan
affenaje signifie " action d'affener " et affener
signifiait autrefois " faucher " Voir le TLF.
Afloucá « « arriver en abondance » (Alès).cf. floc
Afrâira "
Les Romains, qui ne connaissaient pas cette forme de gant qui couvre la main et chacun des doigts séparément, ont emprunté le mot avec la chose aux Francs.
.
 
 
 
Il faut pourtant remarquer que les plus anciennes attestations du germanique
want désigne des gants sans doigts, comme encore de nos jours
allemand Want et le néerlandais wanten .
Plus tard, au moyen âge, le gant jouait un rôle symbolique important
dans la transmission du droit de propriété
et les pleins pouvoirs dans le droit germanique.
Le mot occitan
gan comme l’it. guanto,
le cat. guant, esp. et pg. guante ont été empruntés au français.
L’impératif agante ! « prends, attrape »
a été introduit en français au 18e
siècle comme terme de matelot en parlant du cordage.
A Pézenas le sens de aganta s’est
spécialisé : « recevoir une gifle ». La forme agansa attesté à Colognac,
est née sous l’influence du verbe gansá « faire un nœud de ruban ;
saisir, empoigner » qui vient de grec gampsos.
Pas mal de noms de plantes font référence à la forme du gant :
agant-minous « silene armeria»,
et
gantelet« campanule »
.
Sur l’histoire
et l’évolution du gant au
sens propre comme au fig., voir Larousse 1866
s.v. gant et aganter.
 
 
agassa                   
  agassin
 
         
erbo deis agassins in situ               
                en fleur
Ajas, ayas, ayar "érable; érable noir; alisier",
vient d'après Hubschmied, suivi par le FEW d'un gaulois *akaros
"érable". Nous le trouvons dans
le Sud-ouest (Deux-Sèvres, Charente, Saintonge; Tarn et Garonne,
Lot, et Corrèze) et en franco-provençal Suisse, Dauphiné
et la Drôme. Toponyme : Vallée d'Aoste : Ayas.
Agyel
"vent de l'est ", voir agau.


Arnaud de Villeneuve (Vilanova, Espagne)(Photo A.Guerrero)
"On remarquera que la statue a été amputée des deux mains. A l'origine,
Arnaud tenait un livre dans une main et un alambic dans l'autre".
mon aigardent préféré
Si vous voulez en savoir plus,, n'hésitez pas de suivre ces liens
: Pages de
titre du livre imprimé en 1531. Traduction
du texte latin 1 , suite
de la traduction. Si vous voulez le texte en latin, n'hésitez
pas à me contacter.
Avec mes remerciements au Bureau National Interprofessionnel Armagnac,
à Eauze(32).
En Provence il y a le dicton :"L'aïgo-boulido sauvo la vido"

Aigo de bito cf aigarden.
Aigo-saou "de la saumure et non pas de l'eau sel..." (S). Du latin aqua et sal. Voir ci-dessus et saou
Aigavers,
aigovers "ligne de partage des eaux ;
arête d'une montagne" déja attesté en ancien occitan,
qui avait crée aussi le verbe aigaversar "faire le partage
des eaux". Il y a quelques attestations du XIXe siècle
et 146 sites (Google) en occitan moderne! Dans le Compoix
de Valleraugue (1625) la forme a été orthographié
aiguevers ce qui me semble une
francisation. Etymologie aqua + versare 'eau' + 'retourner'.
En ancien béarnais: "l'augabes a la part d'Ossau et deu port
d'Anolhaas" Voir le Dictionnaire
de l' occitan médiéval.
avec l aiguevers du Serre del col de Lunda

'avec plusieurs membres quarantes deux cannes cinq pans
aire airiels trelhatz et pollallier du coté du couchant trente quatre
cannes'
compoix Valleraugue1625
tome 2 page 26
Etymologie : latin area 'espace libre, sol uni'. Eira
ou aira en ancien occitan signifie 'lieu vide et libre autour
de la maison'( XIe siècle) mais déjà à la fin
du XIIe aussi 'aire à battre le blé'. Plus tard
a été créé le dérivé airée
ou ayrie 'quantité de gerbes qu'on met en une fois sur l'aire
pour la battre', yerado ou eyrado dans le Gard, et naturellement
on s'en est servi pour désigner cet espace et le verbe enairá
'mettre le blé sur l'aire' .
Dans beaucoup de villages occitans nous trouvons une Rue des Aires".
La forme airiel, airiel du Compoix n'a été
attestée nulle part ailleurs à ce que je sache, mais je pense
que le destrador a voulu bien distinguer la place libre autour de
la maison et l'aire à battre le blé.
le cercle est l'aire à battre le blé
Aissou "houe à lame triangulaire" (Taleyrac, commune de Valleraugue, octobre 2004).Un mot rare! Le mot le plus répandu est aissada, (ou aissadou à Taleyrac où les deux formes sont utilisées) par exemple dans le site du Musée Cévenol : "Le labourage emploie essentiellement les houes. Celle à lame triangulaire ou aissada est un des outils les plus répandus en pays cévenol, elle permet de retourner la terre, de l'égaliser, d'en briser les mottes, de tracer des raies et former des buttes. " Nîmes eïssade "sarcloir" (Mathon)


A gauche l'aissou de ma fille à Taleyrac à droite celui
du musée de St.Jean du Gard.
Les deux mots appartiennent bien sûr à la même
famille, dérivés du latin ascia "hache
des charpentiers, erminette" et aussi "binette" et "truelle
de maçon",.(On en a trouvé une à Faverges près
d'Annecy : 
mais les suffixes et les répartitions géographiques
de ces deux types ne sont pas identiques. Le type ascia qui
a abouti en occitan à aisso "hache des charpentiers,
herminette" aisse en ancien français, esse "marteau
de couvreur" en français moderne (absent TLF), et ses dérivés
(par exemple ancien occitan aisset "petite hache" et aisela
"herminette de tonnelier") se trouvent dans une aire allant
de l'occitan jusque dans le nord-est du domaine d'oïl.
Le FEW suppose que la forme aissou
est issue de la forme ascia + one qui est limitée
à l'occitan et avec le sens "pioche" au provençal
et au languedocien. Le mot aissoun est attesté en languedocien
avec le sens "pic, pioche, hoyau, houe". La forme sans -n n'est
attestée que dans la région du Mont Aigoual : Valleraugue
oysou "outil pour faire des sillons", Camprieux oisou "outil
de jardin qui a un tranchant d'un côté pour couper la motte,
et de l'autre côté un fer pour arracher", St Hippolyte
aïssou "meigle, marre , maille, chèvre" (dans
un texte de 1798 avec le verbe aîssounà "labourer
avec la meigle" ) et aisou "houe à lame triangulaire".
Dans cette région le chute du -n final est régulière: matin > moti , plein > plé. (Atger).
Aissada "bèche, houe"
d'un latin asciata participe passé du verbe asciare
"travailler avec la houe", est attestée
en ancien occitan depuis le XIIe siècle, et très répandue
dans tout le domaine occitan, en catalan aixada, espagnol azada
et portugais enxada, mais ne se trouve pas dans le domaine d'oïl.
Les deux mots aissou et aissado cohabitent à Valleraugue et désignent le même outil. Et ailleurs? A Trèves aousado a été donné pour "houe triangulaire", comme dans le Musée Cévenol cité ci-dessus.
Ajassar "coucher" v.tr et r. voir jas
Aja, Ajar "érable, voir ci-dessus agast
Alarmo "tocsin" (Mathon).Ce sens est limité à l'occitan. C'est peut-être un emprunt de l'italien all'arme ! « aux armes », mais il est plus probable qu'il a été formé indépendamment. L'abbé de Sauvages signale que alarmo! est devenu une interjection de crainte, d'admiration ou d'étonnement comme ah! mon Dieu!
Voici le résultat de l'oubli de la langue occitane:

Albaran "cédule, quittance". Un mot trouvé dans des textes en ancien languedocien des 14e et 15e s. provenants de Nîmes, Montpellier et Béziers. Il est toujours vivant en catalan: albarà "document que normalment acompanya la mercaderia ... etc." (DE). Emprunté à l'arabe al-bara'a qui désignait "un privilège, un diplôme ou une quittance pour taxes payées".
.Alcavot voir arcabot
Alfasega voir aufabrego "basilic"
Amadiè
(Palavas, Le Grau du Roi), « varangue » n° 3
cf. madièr .
A mail, « bien sûr » (Nîmes ;
Lhubac). En ancien occitan amai « avec, aussi ». Cette expression limitée au provençal
et au languedocien signifie « aussi, de plus, encore ». Il vient
du latin ad + magis « plus, davantage ».
Dans le Nord Velay amai est également conjonction "
bien que" Cf.mai
Amalou, amalu « tête du femur» 
Les mots embaluc, amalu, malu signifient aussi « omoplate, hanche » et même « fesses »
(omolu en Ardèche). Dans
le Nord Velay existeun un dérivé:
malhon "tête du fémur". Le mot ne se trouve qu’en
occitan et en catalan maluc « les os qui forment les deux parties
du bassin ». Il vient de l’arabe ‘azmal –huqq « cavité
articulaire ». La médecine arabe
a eu beaucoup d'influence dans l'Occident. Si vous
voulez savoir plus sur l'influence de la médecine arabe en Occident,
vous pouvez consulter un des 5580 sites internet ou par exemple; le livre
de Danielle Jacquart et Françoise Micheau "La médecine
arabe et l'Occident médiéval"
D'autres mots qui viennent du même
étymon : Lozère demolukat « déhanché », Nord
Velay s'esmalhonar "se déboîter la tête
du fémur, se déhancher", Languedocien (Gard, Hérault),
amalugá « meurtrir de coups ». Dans amalugá l’élément
–mal- a été interprété comme
le mot mal « douleur », ce qui a donné à Alès s’amaluga,
Nîmes "cogner" (Mathon)
et en français régional s'amaluguer "se cogner"
(Domergue).
Notez
que le mot amalou ou lamalou désigne aussi des "grottes".
L'évolution sémantique "cavité articulaire"
> "cavité" > "grotte" ne pose pas de problèmes.
Dans le site de la CLPA
je trouve: "Quand il s’agit de résurgences ou de cavités s’ouvrant
près de sources, de mares ou en bordure de cours d’eau, c’est bien évidemment
ces lieux qui ont influencé la toponymie des cavités. Grotte du Lamalou
(Brissac, 34) : Le terme de Lamalou désigne partout un cours
d’eau ou un lieu proche d’un cours d’eau. Celui-ci était désigné en 1332
comme suit : " riperia da Amalo ; rivo de Amalo ". Ces noms
semblent probablement provenir d’un terme hydronymique incertain lamalo
ou amalo d’origine inconnue à ce jour."
http://membres.lycos.fr/clpa/etymologie.htm
Dans le site perso: perso.club-internet.fr/ jmmag/leravin.htm il y a quelques images de la riviere Le Lamalou qui se trouve à quelques km au nord de St.Martin-de-Londres:

plein de grottes et de cavités qu'on appelle maintenant des "marmites", autrefois des "amalou"?.
Dominique Ros le webmaster du site http://membres.lycos.fr/clpa/etymologie.htm m'a donné les spécifications suivantes: Pour " ; rivo de Amal riperia da Amaloo " en 1332 in "Cartulaire de Maguelonne" publié par J. ROUQUETTE, 6 vol, Montpellier, 1912-1927 J'ai également "Raimundi de Amalo" en 1204 in "Cartulaire du chapitre d'Agde publié par O. TERRIN, Nîmes, 1969 "
D'autres chercheurs supposent des étymologies celtiques ou prélatines, mais connaissent-ils le mot languedocien amalu?et son étymologie
Amalugá, s'amalugá voir amalu
Amargot "pie" (Pézenas) cf. margot.
Il y a beauoup de dérivés comme par ex. amarineto "peti
brin d'osier", amarinà "assouplir, tordre; amadouer"
etc. qui s'expliquent facilment.

Amata, v.r. « se cacher derrière une touffe, se dissimuler, s’accroupir » cf. mato « touffe »
Amb "avec".
Une visiteuse m'en demande l'origine. J'ai répondu: Bonjour, amb
"avec" est limité au galloroman et au catalan amb; ab.
Il vient d'un latin apud "près de". Comme
c'était un mot fréquent il a subi pas mal d'usure et pris
différentes formes en occitan et il a été combiné
avec d'autres prépositions. Par exemple dambe dans la Haute
Garonne. L'histoire de la forme est assez compliquée. En ancien français
c'est devenu od attesté jusu'au XVIe siècle pour être
remplacé par avec d'un latin populaire *abhoc.
Dans toutes les autres langues romanes c'est cum qui s'est
maintenu. Mais vous savez certainement que les Français n'aiment
pas les con-s, ni les mots qui commencent avec ce préfixe,
comme consensus, compromis, etc.
Avec mes amitiés,
Amenlier
"amandier". Dérivé de (a)menlo "amande".
Etymologie: le latin a emprunté au grec le nom de l'amande amygdala
qui dans la forme amiddula s'est conservée dans
quelques patois des Pyrénées : amelha, dans une zone
qui se rattache au catalan et à l'aragonais. Pour le reste de la
Galloromania on trouve des formes qui viennent d'un étymon *amyndula
dans les parlers occitans et d'un étymon amandula
dans les parlers franco-provençaux et français. Le
groupe de consonnes -ndul- > -ndl- a abouti à abouti
à -nd- à l'est du provençal et à - nl-
ailleurs. -nl- ensuite > -ll- ( > -l-). Par ci-par
là, le a- initial est rattaché à l'article par
aphérèse : menlo "amande". Amygdala
a subie de nombreuses transformations dans les parlers galloromans
et ailleurs, mais elle est présente dans presque toutes les langues.
Voir http://translate.reference.com/browse/almond
Ametlier "amandier". Cf. amenlier.
Ametlier avec un -t- est une orthographe "classique"
(Alibert) qui ne correspond à aucune
prononciation occitane. (Voir Thesoc).
Je pensait qu'il s'agissait d'une faute de frappe qui avait échappé
au correcteurs, mais qui restait "officielle". Eh, non ce n'est
pas une faute de frappe, mais une règle! A la page 20 de son Dictionnaire
Alibert écrit : "Quand ll
dérive de tl, dl, ld on note tl." Cette
règle est étymologisante. Dans l'introduction il écrit
que son orthographe reflète la langue littéraire, qui supprime
toutes les variantes locales. C'est une possiblité, mais de cette
façon beaucoup de domaines de la vie et par conséquent d'écrivains,
sont exclus. L'écriture de l'occitan est réservée à
une élite. C'est pourquoi je conseille à tous les autres d'écrire
l'occitan comme ile le parlent. Voir ma page
Comment écrire l'occitan.
Aquelas flors blancas
Faran d'ametlós
Per remplir las pochas
De ieu e de vos.

Anar "aller". L'étymologie de ce verbe typiquement occitan n'est très claire. On suppose une base *ambitare "entourer; tourner, aller autour", qui aurait aboutie à andare, attesté en latin médiéval du 9e siècle, mais le passage de -nd- à -n- n'est pas conforme aux règles de la phonétique historique de l'occitan. Le verbe anar est employé en occitan avec les mêmes sens et fonctions que le verbe aller en français.
Anca
"hanche; fesses". J'étais étonné que
l'informateur pour
Manduel de l'Atlas linguistique avait
traduit 'fesse' par anca qui normalement signifie "hanche",
mais anca, anco "fesse" est assez fréquent en languedocien.
Alibert donne aussi ce sens, ainsi
que les dérivés ancal, ancada
"fessée" (déja chez l'abbé de Sauvages
: ancado), ancalhar "fesser;
marcher avec peine" et l'adjectif anquier
"qui joue des hanches" au figuré: "débauché"!
L'origine est le mot germanique *hanka "hanche",
qu'on peut déduire d'un moyen néerlandais hanke et
de l'allemand Hanke "hanche; croupe du cheval". Le mot
a été introduit en latin à une époque ancienne.
Les étymologistes se sont demandés POURQUOI? puisque le latin
avait le mot coxa pour désigner cette partie du corps
humain.
Ils ont trouvé l'explication suivante: le mot femur "cuisse"
était devenu homonyme dans la prononciation de fimus "fumier".>
femus, femor. Une phrase comme "Oh, euax, bella femora
!" pouvait signifier " Oh la la, les belles cuisses"
ou " Oh la la, les jolis tas d'immondices". Dans certaines situations
cela résultait dans une gifle. Pour l'éviter on se servait
du mot coxa aussi bien pour désigner la hanche que
la cuisse, mais ce n'était pas une solution satifaisante dans d'autres
situations. Or les soldats romains qui s'étaient battus contre les
Germains distinguaient bien les blessures de la hanche de celles des cuisses
et ils connaissaient le mot germanique hanka "hanche"
qu'ils ont introduit dans la langue populaire.

coxa
fimus
femur
hanka
Les mots qui désignent les parties du corps n'ont pas toujours un sens bien précis, par exemple gorge dans soutien-gorge. Dans le TLF je trouve une vingtaine de synonymes pour "fesses" : derrière, fessier, cul, postérieur, croupe, etc. dont hanche. Par pudeur? en français peut-être, mais d'après le Thesoc c'est le mot courant dans les départements du Gard, de l'Hérault, de l'Aude et de l'Aveyron, avec quelques attestations ailleurs. Il faut noter que dans l'Aveyron et la Lozère on a maintenu le représentant de coxa ou s'agit-il d'un gallicisme?
Andronne,
androune s.f. "ruelle": "petite androune et égouts
entre deux maisons" (Compoix
de Valleraugue tome 1 -68), androna
s.f. d'après Alibert,
qui donne aussi la forme andron s.m.,
mais le masculin n'est attesté nulle part en occitan, sauf par l'abbé
de Sauvages (francisation?)
Le sens "tour de l'échelle"(= Servitude
qui donne au propriétaire du bâtiment auquel est dû le
droit de placer une échelle sur l'héritage du voisin pour
réparer son mur. On nomme aussi androun "tour de l'échelle"
un espace d'un mètre au-delà d'un mur de clôture (d'après
Littré), repris par Mistral
qui donne en plus les diminutifs androunasso "ruelle immonde"
et androuneto "petite ruelle". D'après lui Androun
est un toponyme (près d'Aimargues) et un nom de famille provençal.
androune
à Valleraugue
et à Manduel 
A voir : un
site sur les Bastides dans le Lot et Garonne: http://bastidess.free.fr/doc-andr.htm
avec une photo d'androne à Monflanquin.
Etymologie : il s'agit du mot grec
,
l'accusatif de
un dérivé de
"homme". La forme androna se trouve aussi dans des
textes en latin du VIIIe au XIe siècle. Si vous voulez tout
savoir suivez ce lien vers la page de Du
Cange! Du latin facile! En galloroman androna est limité
à l'occitan. Le français a emprunté la forme
latine andron au XVIe siècle pour décrire l'habitation
chez le Grecs anciens.
En grec
désigne
d'abord "l'appartement des hommes" et puis des couloirs
où les hommes discutent entre eux: ut gynaeceum a mulieribus
"comme les femmes dans les harems", écrit Festus
(premier siècle). On peut deviner facilement pourquoi les hommes
allaient dehors, dans les passages entre les maisons pour "discuter".
Le résultat a été que dans quelques patois l' androune
désigne les "latrines". Le sens "ruelle, cul-de-sac"
est également attesté dans les textes latins à travers
tout le moyen âge et il est encore vivant dans le nord de l'Italie
où il est féminin (d'où viennent la plupart des auteurs
cités par Du Cange), comme chez nous et en catalan androna.
En italien moderne androne est masculin comme en latin et en
français et probablement un emprunt tardif.. Voir le Dizionario
etimologico.

Deux images d'un gynaeceum. Vous comprenez pourquoi les hommes partaient
en mer ?
Le"tour d'échelle" est toujours d'actualité:

Anglada "angle, crête; contenu d'un angle, coin de terre" Dérivé avec le suffixe -ata du latin angulus "angle, coin". Ce suffixe ajoute très souvent la notion de "contenu" à la racine. Attesté dans le Compoix de Valleraugue anglade, englade.
Anolh "agneau d'un an"(Alibert) cf.anoublo.
Anona, annona "blé". Au début du XIIIe siècle, Peire Cardenal, témoin et acteur de la résistance à la Croisade contre les Albigeois, a écrit un Sirventes , intitulé :
Vertat e drechura contre falsedatz e desmezura (texte complet)
Aras
es vengut de Fransa
(A présent est venu de France)
Que hom non somóna
(cet usage de n'inviter)
Mas sels que an aondansa
( Que ceux qui ont en abondance)
De vin e danóna,
(du vin et
du blé)
E com non aia coíndansa
( et de ne plus avoir de relations)
Ab paubra persóna,
(avec les pauvres gens)
Et aia mais de bobansa
(et que celui qui s'affiche le plus)
Aquel que meins dóna,
(soit celui qui donne le moins)
E quom fassa major
( Et que l'on fasse maître)
Dun gran trafegador
(un grand intrigant)
E quom eleia-l trachor
(Et
que l'on elit un traître)
E-l just dezapóna,
(et déstitue
le juste) (Lien
et source)
Anona vient
du latin annona "récolte de l'année, provision
de céréales". (FEW
XXIV, 610a-611b), qui n'a été conservée qu'en galloroman,
mais a disparue dans le domaine d'oïl depuis le XVIe siècle.
En occitan et en franco-provençal anona est vivant jusqu'à
nos jours et le sens a évolué comme celui de blat "blé,
seigle" (du germanique *blad) en devenant plus spécifique
: "céréale en général" > "froment"
ou "seigle", etc. suivant ce qu'on cultive dans une région.
Dans les formes locales, le a- initial disparaît parfois par
aphérèse (rattaché à l'article l-), comme
à Marseille nonarié "marché au blé"
(M).
Toponymie. La forme occitane anoniera "magasin de blé"
est à l'origine des noms de lieux comme Nonières (Ardèche)
ou Les Nonières (Drôme). Le FEW remarque également
que Mistral a peut-être raison en rattachant le nom de ville Annonay
(Ardèche) à cet étymon.
Anoublo "taureau d'un an" (Camargue). Attesté en occitan depuis le 16e s. Du latin annuculus (une transformation de anniculus) qui aurait dû donner anoulho forme attestée e.a.dans l'Aude, La terminaison -bl- s'explique par contamination du mot doublo "pouliche ou génisse âgée de deux ans".

Il est évident que c'est la notion "agé d'un an" est centrale et que le mot s'applique à d'autres animaux, suivant l'élévage local: anolh (Alibert)"agneau d'un an" et ailleurs, "chèvre, vache d'un an" . Dans l'agriculture "jachère".
Anoublière "vache qui a eu un veau une année auparavant" Dérivé en -aria de anouble.
Apilar "appuyer; soutenir, étayer", v.r. "s'enraciner". Ce composé de a- + pila + are (pila "pilier") est un verbe provençal, est-languedocien et franco-provençal. Le substantif qui exprime cette action est normalement apilatge et un "étai" est un apialou (Alès). Dans le Compoix de Valleraugue nous trouvons le mot apillement qui est moitié occitan moitié français, attesté nulle part ailleurs..Alibert donne apilament avec le sens "empilement".
Arapar "saisir, enlever" voir rapar; arapoman
Arcabot “libertin”.(M) Un mot languedocien attesté dans de vieux textes occitans des 13e et 14e s.avec le sens "maquereau" Il nous est venu du catalan alcavot, alcavota (m. et f.) "mitjancer, encobridor, de relacions sexuals considerades illícites" (DE) d'un mot arrabe al-qawwad "entremetteur" devenu al-qawwod dans la prononciation arabe populaire, passé dans l'espagnol alcahuete et le portugais alcaoite.
Arcana "craie rouge, ocre rouge, sanguine, oxyde rouge de mercure". L'étymologie est le nom d'une plante, le "lawsonia inermis", appelé henné en français moderne, Henna ou echte Alkanna en allemand, un arbuste de l'Orient dont les feuilles servent à fabriquer un colorant rouge depuis la nuit des temps. Le nom de cette plante est hinna en arabe et au XIIe siècle ce nom a été latinisé par Gerardo di Cremona (1114-1187) en alchenna.Il a été vulgarisé par les médecins dans les langues romanes.

henné, henna ..................lawsonia
inermis.................. alkanna tinctoria
En ancien occitan lediminutif arcaneta
a été donné à une plante locale, "alkanna
tinctoria" orcanette en français moderne qui donne une
couleur comparable ( or- au lieu de ar- probablement sous
l'influence du mot or).
Dans notre région et en franco-provençal le mot sert aussi
à désigner "l'ocre rouge" dont se servent les charpentiers
pour marquer les poutres et les marchands de bestiaux pour marquer les bêtes.
Un néerlandais occitanophone (oui ça existe !) m'écrit
:"arcana" èis un mot coneissut en Droma per desinhar
lo marcaire roi de fias (fedas);
Beaucoup de dérivés sont attestés dans la région
de Loriol et de la vallée de la Drôme, comme arcanayre
"ouvrier employé aux mines de fer", arcanyro
"coloration en rouge" et arcana "marquer à
la craie rouge", mais je pense que ces mots existent également
dans la région de Roussillon.
Les carrières d'arcana à Roussillon
Arcanattes, avoir les arcanettes "le sang qui monte à la tête" fr.rég. Andolfi ajoute que dans le Midi on a souvent les arcanettes à cause du tempérament méridional.
Elles pètent les arcanettes
cf. argela .
Argela,
argala “ajonc (ulex parviflorus ); genêt épineux (genista scorpius)”
vient de l’arabe al ğaulaq « ajonc ».
Il est curieux qu’une plante sauvage et indigène a tiré son nom de l’arabe, mais
sens et forme correspondent. Attesté en latin en 1308 argilax.
Les formes du Gard argala avec
–g- au lieu de -j-
ou –tš restent inexpliquées. Par influence du nom d’une autre plante ?
En cat. argelaga.


elle a artégué..
Ase “âne” du latin asinus.

Un âne à la recherche d’ amourous d’ase ou
de pam blan d’ase pour se farci l’ase ?
Mais attention au musco d’ase !
La forme ase qui est propre à l’occitan et au catalan, s’est maintenue en languedocien et en catalan qui forment une grande zone. En provençal il y a eu une évolution ase > ay attesté depuis 1530.Voir pèbre d'aï. En gascon c’est la forme ásou qui domine. Dans les patois de la langue d’oïl, le franco-provençal et le nord-occitan on ne trouve que la forme asne devenu âne.
L’âne
jouait un rôle très important dans la vie de tous les jours. De nombreux
sens se sont développés par métaphore ou métonymie. Pour ceux qui s’y intéressent
je ne peux que renvoyer au FEW vol.25, pp.437-457
(en français !). Je me contente de donner ici quelques expressions
et métaphores languedociennes puisées dans la documentation extrêmement
riche de la refonte du vol.1 du FEW.
L’homme pense qu’un âne est stupide : bèstio coumoun àse ; Alès ase « sot, ignorant,
imbécile, butor » asénas « grosse tête (au fig.) » ;
en Lozère asená « faire l’âne » (


S’agit-il d’une vieille tradition romaine ? Ci-dessus une mosaïque
à Meknes au Maroc (de quel siècle?.
"A TOULOUSE les Corre-l'ase firent fureur ; Vestrepain, dans la première moitié de ce siècle [le XIXe], écrivit souvent des chansons de Corre-l'ase". (JOURDANNE Gaston, Contribution au Folk-Lore de l'Aude, deux tomes 1899 et 1900, rééd., Paris, Maisonneuve et Larose, 1973, 243 pages ; p. 10, note 2. Cf. Cansou al suchet dun courri dazi, in-8°, Toulouse, 1828).
LECTOURE (Gers).
Lo carnaval es pròche. (Le carnaval est proche.)
Lo jorn de dimarts gras, (Le jour du mardi gras, )
Julherac, Julheraca, (Jullierac, femme Jullierac,)
L'ase que correrà... (L'âne courra... ) (source)
OS-MARSILLON (Pyrénées-Atlantiques). L'asoada d'Òs, Il était d'usage de faire monter sur un âne, la tête tournée vers la queue et de promener ainsi, par les rues, un mari qui s'était laissé battre par sa femme. Affaire en 1704, ceux qui avaient fait córrer l'ase ont été condamnés.(source).

Ase signifie également « têtard »(S).
ROQUEBRUN (Hérault). Los manja ases, les mangeurs d'ânes.
"On les accusait de tuer et de manger un âne pour la fête
du village". Cette accusation vient de Cessenon (M. Roger Delher).
Le suivant donne lexplication: SAINT-JEAN-de-CORNIÈS
(Hérault). Les habitants ont pour sobriquet Los manja l'ase,
les mangeurs d'âne. L'ase, "l'âne" étant
le foie du porc boucané ou un gros boyau farci. Et : SAINT-JEAN-de-MARUÉJOLS
(Gard). Manja ase blanc, amateurs de boudin blanc. Rien à
voir avec un âne albinos comme le croit André BERNARDY (Les
sobriquets collectifs. Gard et pays de langue d'Oc. Anecdotes, dictons,
légendes, Uzès, Ateliers Henri Péladan, 1962, 273 pages
; p.100).
L’abbé de Sauvages qui en 1756 a noté le dicton suivant : l’âsë dë la coumuno foughé toujhour mâou ëmbastá. « l’âne de la commune est toujours le plus mal bâté », ce qui donne à Valleraugue (30570) : Un asé omédjiorat es toudjour mal bostat. (omédjiorat est écrit amejairat par Alibert, et veut dire "qui est possédé par moitié")
MARGERIDE (Lozère). FORTUNIO. "Uèi matin "Fortuniò" a cargat l'ase... tranarà davant miègjorn (ce matin, Fortunio (point le plus élevé de la Margeride, 1552 m.) a mis son bonnet de nuages... il fera orage avant midi )
Aserau "érable". Etymologie. Dans l'Ouest du domaine occitan nous trouvons 4 dérivés du latin acer, aceris "érable" (avec un a long!)
Nous pouvons y ajouter un cinquième type qui se trouve en français
et en franco-provençal : acerabulus > érable
qui a pénétré dans le domaine occitan tout en subissant
toutes transformations imaginables, par exemple isérable (Drôme),
alabre (Barcelonnette) agazabre (Lozère), dürable,
darable (Puy-de-Dôme). Voir TLF pour les différentes propositions
de l'étymologie du mot érable.
Certaines de ces formes montrent le besoin de motiver la forme des
mots. L''érable fournit un bois compact, à texture fine, apprécié
en menuiserie et en tournerie, ce qui donne dürable. Peut-être
y a-t-il beaucoup d'érables dans l'Isère : isérable.
Les feuilles de certaines espèces d'érables prennent une couleur
rouge magnifique en automne, à tel point qu'on parle de l'été
indien au Canada et dansle Vermont.

Aubarda "sorte de bât allongé" voir bardot.
Aufabrego,
fabrego „basilic“, un mot que le languedocien
a emprunté au catalan alfabrega. Le mot arabe al -habaqa
a été introduit probablement avec la plante en Espagne
et au Portugal où la prononciation s'est adaptée aux habitudes
locales : espagnol albahaca, catalan alfabrega, portugais
alfavaca.

En
occitan nous trouvons dès les plus anciens textes
D'après le FEW, on peut retracer
cette signification dès le latin classique. Par exemple chez Ovide
aura veut dire "inconstance".

![]() |
CUIGEU |
" Je t'adjure, démon, qui que tu sois, et je te demande à partir de cette heure, de ce jour et de ce moment, de crucifier et de tuer les chevaux des verts et des blancs, de tuer et de briser les cochers Clarus et Felix et Primulus et Romanus et de ne pas leur laisser la vie ; je t'adjure par celui qui t'a libéré aux temps des dieux de la mer et de l'air. IAÔ, IASDAÔ, OORIÔ, AÊIA. " (Source : Audollent 1904, n° 286) Dessin du démon sur sa poitrine : "Antmo" ; au dessous
:
|
| CENSEU | ||
| CINBEU | ||
| PERFLEU | ||
| DIARUNCO | ||
| DEASTA | ||
| BESCU | ||
| BEREBESCU | ||
| ARURA | ||
| BEZAGRA |
J'ai pu télécharger le livre d'A.Audollent. Cette defixio vient de la Province Byzacène = La Byzacène, provincia Valeria Byzacena[124],actuelle Tunésie, nest autre chose que lancienne regio dHadrumète, à laquelle on a officiellement donné son nom traditionnel. Comme on le voit daprès la liste des cités dAfrique[125], la province de Byzacène ne dépassait pas au nord Orra Clia, qui est au fond du golfe de Hammâmet ; sa dernière ville au sud était Thenæ, et à louest Ammædara, cité voisine de Tébessa ; cest bien létendue que Pline donne à la Byzacène[126].
Une tablette d'exécration de l'oppidum de Montfo (Hérault). Pour la littérature internationale il vaut mieux chercher des defixiones ou tabellae defixionum.

Avise, le biòu!